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 ALGÉRIE (1830-1945)

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zalatoo
Invité



MessageSujet: ALGÉRIE (1830-1945)   Ven 15 Déc - 21:30

ALGÉRIE (1830-1945)
(Encyclopaedia Universalis, DVD-ROM, Version 6, 2000, Article « Algérie »)
La période française
La conquête
L’intervention française fut la suite inattendue d’une affaire commerciale et financière à laquelle se trouvait mêlé le dey Hussein. Celui-ci, mécontent du retard apporté par la France au remboursement de créances auxquelles il était intéressé, s’en prit au consul français qu’il frappa. Le gouvernement de Charles X, n’ayant pas obtenu d’excuses, riposta par le blocus d’Alger qui devait durer trois ans. À la suite de la canonnade d’un vaisseau parlementaire, une expédition militaire contre Alger fut décidée.

L’occupation restreinte
La prise d’Alger (5 juill. 1830) détermina la chute de la domination turque et une longue période d’anarchie. Les Français, incertains de ce qu’ils devaient faire d’Alger, ne se décidèrent qu’en 1834 à garder les possessions déjà acquises, par égard au souhait des militaires et à l’«honneur national». Toutefois la monarchie de Juillet n’avait pas de vues conquérantes; elle ne songeait qu’à une «occupation restreinte» du littoral, l’intérieur du pays devant être abandonné à des chefs indigènes qu’on espérait opposer entre eux. Cette politique pacifique s’accordait mal avec les réalités locales.
En Oranie, un jeune marabout de naissance chérifienne, Abd el-Kader, s’était fait reconnaître à vingt-quatre ans comme sultan des Arabes par quelques tribus de la région de Mascara et s’installa dans l’ancien palais des bey. Le général français Desmichels, qui espérait s’en faire un allié, signa avec lui un traité par lequel il le reconnaissait comme souverain «émir des croyants» et lui assurait une aide militaire. Grâce à celle-ci, Abd el-Kader remporta sur les tribus du makhzen turc une victoire au Meharaz: elle marque pour les musulmans le début d’une nouvelle ère, celle des Chorfa arabes. Les Français ne prirent conscience de la montée de l’émir qu’un an plus tard, lorsque celui-ci eut installé des bey, occupé le Titteri, et surtout infligé au général Trézel le sérieux échec de la Macta.
Malgré un renversement provisoire de politique et l’adoption du «système guerroyant» du général Clauzel, les résultats militaires et politiques furent décourageants. Les interventions françaises, suivies de l’évacuation immédiate des villes et tribus traversées n’étaient pas décisives. Clauzel, pour faire triompher sa politique de conquête, voulut s’emparer de la capitale du beylik de l’Est, mais son expédition échoua complètement (nov. 1836).
Cet échec de Constantine décida le gouvernement à revenir à la politique d’occupation restreinte et d’entente avec les chefs musulmans. Le général Bugeaud, qui avait vaincu les troupes de l’émir à la Sikkak en 1836, crut pouvoir signer avec lui, le 30 mai 1837, le traité de la Tafna: la France abandonnait à Abd el-Kader les deux tiers de l’Algérie et ne conservait que deux enclaves autour d’Oran et d’Alger. Du moins, ce traité «inexplicable» permit-il aux Français de porter leur effort contre le Constantinois. Après de vaines négociations avec le bey qui refusait de reconnaître la souveraineté française, Constantine était occupée le 13 octobre 1837 et le dernier représentant du régime antérieur vaincu.
À la domination turque, la France substituait la sienne sur tout le Constantinois, par l’intermédiaire de chefs ralliés.
Les Français face à la guerre sainte
Pendant ce temps, Abd el-Kader édifiait, avec l’aide des tribus arabes et de troupes régulières, un État organisé, fondé sur la stricte application des principes coraniques, et dirigé par des nobles d’origine religieuse. L’entente franco-arabe ne résista pas au progrès des deux dominations. Abd el-Kader crut que le temps jouait en faveur des Français et se décida le premier à rouvrir les hostilités. Tandis qu’il appelait tous les musulmans à la guerre sainte contre les envahisseurs chrétiens, le gouvernement français se prononçait pour la conquête totale. Une guerre décisive les opposa de 1840 à 1847.
La supériorité militaire des Français fut longtemps tenue en échec par la mobilité des forces arabes. De plus, une telle guerre avait le caractère inexpiable d’une lutte religieuse. Bien qu’il pratiquât une guerre de mouvement et de razzias jugées efficaces, le général Bugeaud eut à faire face à des difficultés et à des rebondissements imprévus. La dévastation systématique des territoires de l’adversaire multiplia le nombre et l’acharnement de ses ennemis et interdit la réussite de ses pourparlers avec les lieutenants de l’émir. Le souverain du Maroc, cédant aux appels des confréries, s’engagea aux côtés d’Abd el-Kader; il fallut les bombardements de Tanger et Mogador et la victoire de Bugeaud à l’oued Isly (14 août 1843) pour le contraindre à cesser son aide. En 1845, la guerre reprit dans les régions pacifiées à l’appel de divers mahdi, restaurateurs prédestinés de l’islam, dont le plus célèbre, Bou-Ma‘za souleva le Dahra, le Chélif et l’Ouarsenis. Abd el-Kader en profita pour reparaître en Oranie et soulever de nouvelles tribus; mais il dut bientôt s’avouer vaincu et accepta de se rendre en décembre 1847. Avec lui disparaissait le rêve d’un État arabe qui se serait étendu à toute l’Algérie. Bien qu’il n’ait réussi à entraîner ni le Constantinois ni la Kabylie, et qu’il ait à peine eu le temps d’organiser son État, Abd el-Kader devait laisser le souvenir du premier souverain véritablement algérien.
Lorsque l’ancien bey de Constantine, qui tenait toujours l’Aurès, se fut rendu en 1848, seuls restaient encore insoumis les massifs montagneux kabyles. Des expéditions, menées longtemps sans plan d’ensemble, aboutirent enfin, en 1857, à une victoire décisive. Entre-temps, le Sud oranais et le Sud constantinois de nouveau révoltés furent déclarés pacifiés après les sièges de Zaatcha (1848), Laghouat (1852), et Touggourt (1854). L’Algérie était désormais conquise sinon soumise, comme devaient le montrer les révoltes postérieures.
Les insurrections sporadiques de 1858 à 1916
Si les insurrections sporadiques des Kabylies orientales de 1858 à 1860, de l’Aurès en 1859, du Hodna en 1860, furent relativement limitées et faciles à réprimer, l’insurrection de 1864 et 1865 fut la plus grave que l’on eût connue depuis 1845. Lancée par la grande confédération tribale à caractère confrérique des Oulad sidi Cheikh, elle s’étendit du Sud oranais au Titteri, puis gagna la majeure partie du Tell. La répression fut particulièrement difficile dans la province d’Oran, et les troubles persistèrent dans le Sud où il fallut envoyer une nouvelle expédition en 1870. En 1871, une nouvelle révolte, animée par la confrérie des Rahmaniya, parut plus sérieuse encore. Le tiers de la population s’insurgea, mais les colonnes françaises n’eurent à combattre que 80 000 moujahidin, dont beaucoup étaient démunis d’armes. Ce fut surtout une révolte de la plèbe kabyle encadrée par l’aristocratie féodale du Constantinois; mais d’autres tribus s’insurgèrent sous d’autres chefs. Malgré son ampleur et son retentissement, elle fut peu dangereuse
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ALGÉRIE (1830-1945)

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