
Aurès-Ichawiyen Imazighen -Afrique du Nord Les Aurès : culture, débats et actualités |
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djemaa
Nombre de messages: 831 Date d'inscription: 08/11/2004
 | Sujet: El Watan Jeu 23 Mar - 16:41 | |
| de la trempe des GRANDS ! certaines plumes algériennes, influancées par les bobos médiatiques parisiens, encensent camus cela prouve leur jeunesse ou leur inculture historique...camus comme stora et d'autres n'ont jamais pris faits et cause pour l'indépendance donc la dignité des COLONISES, ils ont surtout pleuré sur le sort de LEURS COMMUNAUTES et quelques larmes sur les kabyles ! ! face à ce géant ils ne sont que des nains qui ont une assise dans certains milieux car la nature a horreur du vide ! ! Professeur Chaulet Itinéraire d’un homme accompli au service des autres Un médecin journaliste dans la guerre « Quand la presse est libre, cela peut être bon ou mauvais. Mais assurément sans la liberté, la presse ne peut être que mauvaise. Pour la presse comme pour l’homme, la liberté n’offre qu’une chance d’être meilleur, la servitude n’est que la certitude de devenir pire. » Albert Camus Le vieil homme parle avec respect de l’itinéraire des combattants de la liberté. Les Chaulet sont des gens extraordinaires, lance-t-il. Sid Ahmed Hassam, vieux militant de la cause nationale, évoque le sacrifice consenti par les Chaulet « qui auraient pu se contenter d’une vie douillette, mais sont allés au charbon, sans se poser de questions ». Ils sont restés fidèles et attachés à leur terre qu’ils n’ont cessé d’aimer. « Ils ne sont pas du genre à étaler leurs faits d’armes. Ils sont discrets, presque effacés », prévient l’octogénaire. Ces appréciations se sont vérifiées lorsque nous sommes partis à la rencontre de cet illustre personnage, modèle de simplicité et de modestie. Lorsqu’il nous reçoit à son domicile envahi de livres et de documents, le professeur insiste d’abord sur le devoir de mémoire et la nécessité de reproduire les précieux ouvrages sur la guerre de Libération qu’il détient, et qui ne sauraient se perdre avec l’usure du temps. Pierre Chaulet parle de ces années de feu où il s’est engagé en faveur de la cause spontanément, nourri qu’il était par une culture de la lutte pour la liberté et la justice. « J’ai été très jeune éveillé aux problèmes sociaux », avoue-t-il. C’est qu’en dehors de l’école, en 1940, Pierre était entré dans les Scouts de France. La suite se fera par l’influence de la famille, dont le père Alexandre est né lui aussi en Algérie, fondateur des premiers syndicats. Celui-ci a été à l’origine de la mise en place en 1941 de la première Caisse d’allocation familiale et des assurances sociales. Il est mort en 1963 après avoir dirigé la 1re Caisse nationale de sécurité sociale de l’Algérie indépendante. Pierre a baigné dans l’atmosphère des revendications sociales. Une renommée internationale « Mes parents se trouvaient directement concernés par l’infériorité sociale des petits fonctionnaires employés ou ouvriers européens, sensibilisés par cette inégalité, et par l’insécurité des non possédants. Au soir du 1er novembre 1954, lorsque Mohamed Laïchaoui, journaliste et militant MTLD, est venu m’apprendre le début de la lutte armée, il était clair pour moi que j’étais non seulement solidaire d’un camp, mais dans un camp. Je n’avais pas à faire de choix. Il y avait deux camps et je ne pouvais rester dans les tribunes. » Il avait 24 ans et venait de terminer ses études de médecine. Né à Alger, à la rue Monge près de la Grande Poste, à l’année de la célébration du centenaire de la colonisation, de parents eux-mêmes nés en Algérie, Pierre était responsable des mouvements de jeunesse chrétiens. « Je n’appartenais à aucun parti. Je ne parlais pas arabe. J’avais un avenir simplement tracé de promotion sociale, par les études universitaires. » « Le premier choc psychologique a été pour moi de découvrir l’inégalité politique en Algérie et le mensonge institutionnel concrétisé par le statut imposé par le pouvoir français à l’Algérie en 1947. Le second choc, ce fut la découverte de la misère dans les bidonvilles d’Alger. » C’est ainsi que durant l’hiver 1951, les responsables de mouvements de jeunesse organisent à Alger une série de réunions visant à élaborer un programme d’actions commun. Les premières réunions ont lieu dans l’arrière-salle du café de la Marsa à côté de la grande mosquée. Il y avait toutes les tendances dont les jeunes nationalistes comme Belaïd Abdeslam, Lamine Khène, Omar Lagha, Mahfoud Kaddache, Salah Louanchi, Réda Bestandji, Drareni, Yaker, Bourouba... Il y avait l’Association de la jeunesse algérienne pour l’action sociale (AJAAS). « On voulait s’unir, mais les tentatives avaient foiré. » D’aucuns voulaient intégrer la World Association of Youths (WAY) inféodée à l’Ouest, alors que de l’autre côté, la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, proche de l’URSS, semblait attirer davantage de monde. L’idée a germé de créer un front national de la jeunesse algérienne. Une plate-forme pédagogique d’échanges a été mise en place, animée par les Kaddache, Louanchi, Abdeslam, Pierre Roche, Françoise Becht, Eveline Safir et Chaulet... « On a commencé par le thème de la faim en Algérie, par le chômage, ensuite le colonialisme... Cela a duré de 1953 à 1956. » « Lorsque la zone autonome s’est organisée, je venais de me marier. J’ai rencontré Abane dans le domicile de Bouda, au Ruisseau. C’est là que je lui ai fait une interview en présence de mon épouse, de Chergui Brahim et Louanchi. Là, on s’est accrochés quand j’ai dit à Abane qu’on était Algériens. Suspicieux, il n’a pas voulu nous croire malgré les assurances des présents. Le lendemain, il nous met à l’épreuve en nous chargeant de le transporter. On est vite devenu des amis. On a fait par la suite, des voyages ensemble. On était l’illustration que la guerre n’était pas raciste ni confessionnelle, que des gens génétiquement pas Algériens se considéraient comme tels, en tant que partie prenante de l’Algérie en combat. » Après 1955, le jeune médecin effectua un travail sanitaire, de manière clandestine. « J’ai amené le commandant Azzedine chez un médecin européen pour se faire extraire des balles à la jambe. » En juin 1956, Abane exprime le vœu de sortir un journal, sorte de brochure ronéotypée dans lequel il fait écrire tous les Responsables. C’était la voix de l’intérieur, puisqu’à l’extérieur il y avait résistance algérienne. Pierre se souvient de son premier papier intitulé Sahara français : un mirage. « C’était juste après les premières découvertes du pétrole. Il fallait contre-attaquer et vite. » Ce travail de journaliste le passionnait. Il eut à rencontrer bon nombre de journalistes étrangers, Robert Barrat, Georges Pinchenier, des Japonais... Pour la propagande extérieure, l’Algérie combattante ne pouvait se passer de cet outil, de même que les contacts avec les avocats de renom tels que Pierre et Renée Stibbe, Henri Douzon avec lesquels, Pierre avait des contacts réguliers. « Au retour du congrès de la Soummam, le convoi qui transportait les documents de la plate-forme, ayant été fait prisonnier, il nous fallait rapidement publier le contenu dans le n° 4. Ce qui a été fait. » Le n° 7 était en préparation, Ben M’hidi devait y écrire un article sur la minorité coloniale. Ce numéro n’est jamais paru après son arrestation par les paras de Bigeard. Saâd Dahlab a pris la relève avec la nouvelle version n° 8 qui est sortie le 5 août 1957 à Tanger. Avec l’arrêt de Résistance algérienne, El Moudjahid devient le seul organe central du FLN qui ne sera plus ronéotypé, mais imprimé. Le témoignage de Réda Malek Bien avant ces péripéties, en 1956, lors du détournement de l’avion et l’arrestation de Ben Bella et ses compagnons, Pierre a été arrêté parce que son nom figurait sur le carnet d’adresses de Khider. Fin février 1957, de nouveau arrêté, emprisonné pendant deux mois puis expulsé en France, où Pierre a préparé sa thèse de doctorat en décembre 1957 sous le thème « Cancer bronchique primitif, gynécomastie, pérostite des os longs ». Puis, Pierre rejoint sa femme et son fils à Tunis. « J’y ai trouvé Abane qui m’avait demandé un an auparavant de faire un travail sur la santé en Algérie. Je le lui ai remis. Après avoir travaillé avec les réfugiés, j’ai été affecté à la rédaction avec Moussaoui, Fanon, Réda Malek. Quand Abane est parti pour ne plus revenir, c’est Boumendjel qui a assuré la coordination. » Claudine, mon épouse s’est trouvée mêlée à notre activité. Elle a contribué à transporter les militants. Lorsque j’ai été arrêté en 1957, c’est elle qui a transporté Abane jusqu’à Soumaâ près de Blida. « N’oublions pas que le document de la plate-forme d’août 1956 adopté à Ifri au congrès a été transporté dans les langes du nourrisson de Claudine, l’épouse de Pierre et que le couple a évacué à l’époque Abane lorsque l’étau se resserrait autour du CCE. Ces faits sont significatifs de leur total engagement. » A Tunis, Claudine s’est occupée du foyer des moudjahidate et du rapatriement des réfugiés que Pierre allait visiter aux frontières aux côtés des docteurs Mentouri Haddam, Abdelwahab, Oucharef... Médecin le matin, rédacteur le soir, Pierre avait un programme bien chargé, d’autant qu’il s’est occupé aussi des archives et a contribué à la réalisation de films avec Chanderli. Réda Malek ne tarit pas d’éloges sur son ami de longue date. « Il est prétentieux de porter un jugement sur un homme tel que Pierre Chaulet. C’est son parcours et ses actes qui parlent pour lui. Qu’il me suffise de dire que je m’honore de notre longue amitié et c’est à l’honneur de l’Algérie de compter parmi les siens un homme de cette qualité. Son sens précoce de la justice face aux inégalités s’est aiguisé au fil des ans et s’est épanoui au sein de la Révolution algérienne. Au journal, il s’est signalé par la clarté de ses analyses, son sens critique, la richesse de ses appréciations, le tout tempéré par un humour. De plus, il est d’une rare modestie. Après l’indépendance, ce spécialiste des problèmes de santé a toujours plaidé inlassablement pour les réformes dans ce domaine. Il est devenu un des maîtres renommés de la lutte anti-tuberculeuse en Algérie où il a contribué à la quasi-éradication de cette maladie. Ce qui frappe le plus en lui, c’est qu’il a toujours été à la hauteur de ses convictions et de ses idées. Ce qui suppose une force de caractère et une disponibilité à toute épreuve. » A l’indépendance, Pierre reprend son métier à l’hôpital Mustapha. « J’y ai retrouvé le professeur André Levi Valenti, grand patron du service qui est resté jusqu’en 1965. C’est avec mon ami Larbaoui que nous avons assuré la soudure et la continuité. » Un regard critique Sur le plan politique, cela n’allait pas très bien à l’époque. La crise de 1962 venait assombrir l’horizon. « Je n’avais pas à prendre parti, j’étais simple militant de base, élu. On disait ce qu’on pensait, jusqu’au moment où le FLN nous a abandonnés. Il y avait une coupure due aux querelles d’appareil. Il n’y avait aucune raison de faire du suivisme. On nous a dit : Rentrez chez vous. On vous appellera dès qu’on aura besoin de vous. On avait tout de suite compris. » Pierre a vécu douloureusement la décennie noire qui a vu l’Algérie emportée dans un cycle infernal de violence qui a coûté la vie à des milliers d’Algériens. « Il y a deux phénomènes qui m’ont fait fuir mon pays : les paras et les barbus. En 1994, j’étais sur une liste de gens à abattre. Mon nom était affiché à la mosquée de Zéralda. J’avais toutes les raisons d’être la cible car en plus d’être non musulman, j’étais médecin et un danger pour les affairistes du médicament. » Douloureuse parenthèse entre 1994 et 1998 où il a dû quitter l’Algérie. Son regard sur l’Algérie de 2006 ? « Il y a beaucoup de choses positives qui ont été faites, mais on doit se résoudre à la mondialisation. La marchandisation de la médecine me fait peur. » La santé et la résurgence des maladies du passé ? « Il n’y a pas résurgence. C’est une évolution normale. Car la proportion des jeunes et des vieux a changé, entraînant une transition épidémiologique. S’agissant de la tuberculose, son relatif retour est lié à la pauvreté qui est une réalité dont on doit tenir compte. Doit-on se résigner à une médecine à deux vitesses ? On ne peut plus fonctionner sur le principe de la médecine gratuite, mais il faut faire en sorte que les inégalités économiques ne se répercutent pas sur le droit à la santé, qui est un droit constitutionnel... » Parcours Pierre Chaulet est né à Alger en 1930. Jeune, il adhère au scoutisme catholique. Pierre s’est éveillé très jeune aux problèmes sociaux. Il s’est engagé dans la lutte armée aux côtés du FLN, alors qu’il était jeune médecin. Arrêté à deux reprises, il a été expulsé en France. Il rejoint le FLN en Tunisie où il poursuit ses missions de médecin et de rédacteur d’El Moudjahid. A l’indépendance, il rejoint l’hôpital Mustapha où il tient un important service. Il a grandement contribué à l’éradication de la tuberculose. En 1992, il est sollicité par Boudiaf. Il est nommé conseiller au Premier ministère aux côtés de Belaïd Abdeslam et Réda Malek. Il est membre du Conseil national économique et social (CNES). Hamid Tahri |
|  | | djemaa
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 | Sujet: Liberté Jeu 30 Mar - 13:48 | |
| Notre Mémoire et notre Honneur LIBRAIRIE CHIHAB INTERNATIONALE Hommage à Abdelhamid Benzine Par : Nora Sari Mardi 28 mars, la librairie Chihab internationale a consacré une rencontre littéraire en hommage à Abdelhamid Benzine, autour de l’ouvrage De notre histoire au quotidien, Alger républicain 1989-1994, préfacé par Henri Alleg, paru aux éditions Chihab, mars 2006. Autour de la table des discussions, l’ami de toujours, le compagnon de travail, Mouloud Djazouli, qui fut chargé de compiler, parmi la masse d’éditos, la centaine que comporte ce recueil. La jeune sœur, Zoulikha, moudjahida, incarcérée à Serkadji, puis Brahim Brahimi, l’ami, l’enseignant universitaire, le professionnel des médias. Zoulikha Benzine, sœur du défunt raconte sa méconnaissance, durant sa prime enfance, de ce grand frère dont elle a été séparée d’abord, par la différence d’âge, ensuite par la prison, les camps ou l’exil. “Je n’avais que trois ans lors des manifestations du 8-Mai-1945 à Sétif, alors que Hamid, collégien, y avait participé et avait été emprisonné. Arrêtée moi-même et incarcérée à Serkadji, j’ai entretenu avec mon frère une relation épistolaire, qui a duré longtemps, et dans laquelle il raconte sa vie de réclusion à Lambèse. Hamid était un être exceptionnel, il a épousé une cause et un idéal, c’est pourquoi il n’a jamais eu de vie familiale.” Pourquoi avoir choisi des textes datant de 1989 à 1994 ? Après 25 ans d’interdiction (le journal est suspendu en septembre 1955), ces quelques années ont été marquées par des évènements majeurs dans la vie politique du pays. Premières libertés démocratiques, multipartisme ambigu et liberté de la presse soumise au harcèlement judiciaire. Période durant laquelle ont sévi les actes terroristes occasionnant un chiffre considérable en pertes humaines. Il y a eu aussi l’assassinat de Mohamed Boudiaf, le “père de la Révolution”. Pour parler de Benzine, M. Djazouli estime qu’il lui faudrait des heures, voire des jours… Il évoque son grand ami disparu. Hamid était connu pour son humanisme, il a toujours été près du peuple ; quand on lit le Camp et le Journal de mars, c’est tout lui ! Lorsque le journal a réapparu, le numéro un a été rédigé dans une salle de bains avec l’équipe Alleg, Khalfa et les autres, ceux qui n’ont jamais baissé les bras. A l’époque, nous étions jeunes, nous étions fous… À la joie de l’Indépendance, s’est ajouté cet espoir d’une vie nouvelle. Hamid était disponible, près de nous, avec lui, Alleg et Khalfa, les jeunes journalistes que nous étions, suivions une véritable formation dans une école, dans le sens politique du terme ! Hamid, qui a subi les méfaits du colonialisme, est passé du mouvement national au Parti communiste, car le vêtement nationaliste est devenu pour lui trop petit, trop étriqué. Brahim Brahimi, professeur à l’Institut d’études politiques, est un spécialiste des médias. Il apporte sur la vie de A. Benzine et sur le parcours haché d’Alger républicain, un regard lucide et analytique. Il retrace, en pédagogue, l'itinéraire de l’homme, et du journal étape par étape, de la création d’Alger républicain en 1938 à avril 1994. Doyen des journalistes, Abdelhamid Benzine décède le 6 mars 2003, laissant plusieurs ouvrages en héritage dont la Grande aventure d’Alger républicain (coécrit avec B. Khalfa et H. Alleg, 1990, Dar El Itihad), Lambèse et la Montagne et la Plaine (Anep) Nora Sari Ils ne furent ni planqués, ni protégés d'hier à aujourd'hui ! |
|  | | djemaa
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 | Sujet: Re: El Watan Ven 5 Mai - 15:35 | |
| Sans haine mais sans oubli : Boucif Mekhaled, Chroniques d'un massacre, 8 mai 1945, Sétif, Guelma, Kherrata, Ed. "au nom de la mémoire, Syros, 1995 "...De l'aveu même du général Weiss, "vingt actions répressives" furent menées dans la seule région de Guelma par 28 avions durant quinze jours. Il ajoute que "de nombreux vols d'intimidations"eurent lieu sur Fedj-M'Zala, Djidjelli, Collo, Tébessa, Khenchela, Jemmapes, El Milia ..." |
|  | | djemaa
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 | Sujet: LA TRIBUNE Lun 15 Mai - 16:17 | |
| Dans son ouvrage Devoirs de vérité, François Hollande, premier secrétaire du PS «Nous avons des excuses à présenter au peuple algérien» Samedi 13 Mai 2006 Par Chaffik Benhacene «Nous avons encore des excuses à présenter au peuple algérien», a estimé François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste français, dans un livre à paraître courant mai à Paris sous la forme d’entretien avec le journaliste Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien du soir le Monde, au titre explicite Devoirs de vérité. François Hollande répondait alors à la question, particulièrement sensible pour les socialistes français, des positions prises par la SFIO -ancêtre et matrice de l’actuel PS- en 1956 alors qu’elle dirigeait le gouvernement dit de «Front républicain» et qui s’était notamment traduites par le vote de la loi dite «des pouvoirs spéciaux» qui déléguait les pouvoirs civils à l’armée en Algérie. «S’il faut, que sur 1956 et les pouvoirs spéciaux, je sois plus explicite, je le fais ici, au nom du Parti socialiste aujourd’hui. Nous sommes comptables du passé et responsables de l’avenir. La SFIO a perdu son âme dans la guerre d’Algérie. Elle a ses justifications mais nous devons encore des excuses au peuple algérien. Et nous devrons faire en sorte que cela ne se reproduise plus». Il faut, à ce sujet, rappeler que la SFIO et le Front républicain –élus sur un programme dit du «triptyque : cessez-le-feu, discussions, élections»- avaient abandonné toute velléité de réforme et s’étaient alignés sur les positions des ultras pieds-noirs après ce qui est resté connu comme «la journée des tomates», celle du 6 février 1956 qui avait vu le chef du gouvernement français, Guy Mollet, accueilli par des jets de tomates devant le monument aux morts. Ce revirement stratégique avait été consacré par la présentation et l’adoption de la loi dite des pouvoirs spéciaux –avec le soutien des députés communistes- qui devait donner, avec la promotion de l’armée -celle notamment des paras du général Massu- au rang d’acteur politique l’un des traits de la guerre française en Algérie. Cette loi servira ainsi, en particulier dans la capitale, à justifier les arrestations massives, les exécutions sommaires, la systématisation de la torture, les viols. C’est cette même armée qui, en mai 1958,sera au centre des tous les complots algérois qui allaient entraîner –avec la prise du gouvernorat général, la création des comités de salut public- la chute de la IVème république et le retour aux affaires du général de Gaulle, retour adoubé par les dirigeants de La SFIO et particulièrement par son secrétaire général, Guy Mollet. Ainsi est-ce bien sur une séquence tout à fait décisive de la guerre d’indépendance algérienne que s’exprime le premier secrétaire du PS et désigne-t-il aussi clairement –il dit vouloir être explicite- les responsabilités politiques de la SFIO dans la conduite française de cette guerre dont il estime, par ailleurs, comme pour mettre un bémol à ses propos, qu’«elle avait ses justifications» qu’il se garde bien de préciser, l’essentiel restant dans cette première reconnaissance par un parti de gouvernement français et pôle traditionnel de la vie politique française du devoir de «présenter des excuses» au peuple algérien. Il importe alors, pour mesurer toute la portée de la position exprimée par François Hollande, de relever qu’il souligne s’exprimer «au nom du Parti socialiste français» qu’il engage de manière formelle, et tout semble indiquer que cette prise de position pourrait en appeler d’autres dès lors que le premier secrétaire du PS marque, visiblement autant à l’adresse des ses camarades que de l’opinion, que «nous sommes comptables du passé». Au-delà même du fait qu’il convient de replacer l’ouvrage de Hollande dans le contexte d’une précoce et dure campagne pré-présidentielle en France, il n’est pas sans signification que «les devoirs de vérité» auxquels s’astreint le premier secrétaire –et peut-être candidat socialiste à l’élection de 2007- incluent les enjeux de mémoire rappelés à la conscience française, d’abord par la dérangeant courant dit des «indigènes de la République», ensuite plus brutalement par la subversion des banlieues et qui auront trouvé dans la loi de février 2005 un sulfureux point de fixation. Les déclinaisons d’un malaise français Sur ces déclinaisons d’un malaise français, l’ombre portée algérienne aura été, sur divers registres, prégnante à laquelle les polémiques informées par les dispositions de la loi de février 2005 donneront une plus explicite traduction politique. Il n’est pas possible à l’observateur de ne pas rappeler, au sujet de cette loi, le lapsus forcément lourd de sens, du vote des sénateurs socialistes –dûment rappelé par les élus de la majorité UMP à l’origine du texte- qui signale, à tout le moins, que le refoulement d’une culpabilité algérienne est à ce point partagé au sein de la classe politique française. Il ne pouvait échapper au premier responsable du Parti socialiste français que la loi de février 2005 avait provoqué, en Algérie, une sérieuse relance d’une demande de repentance française jusque-là exprimée en termes relativement diplomatiques par le chef de l’Etat algérien dans son discours devant les députés de l’Assemblée nationale française en juin 2000 et qui, aujourd’hui, confère pratiquement à la conditionnalité de toute relance ou refondation des relations entre les deux pays. Une rupture avec le passé colonial Tout se passe alors comme si, le hasard du calendrier y contribuant, la position de rupture qu’exprime pour la première fois un responsable politique français de si haut niveau, allait à la rencontre d’une exigence algérienne, énoncée aussi avec une plus nette clarté, dans le message du président de la République au colloque de Guelma le 8 mai dernier. Politiquement, il s’agit bel et bien d’une inflexion importante dans la définition des responsabilités de l’Etat français en Algérie même si elle se limite, pour d’évidentes raisons, à lever le tabou sur la part des socialistes français dans la conduite du conflit. Ce premier pas s’inscrit aussi, aux yeux de François Hollande, dans une perspective politique tant vis-à-vis de la donne intérieure française que de la reconfiguration de relations de coopération avec l’Algérie. Le premier secrétaire du PS –dont il s’était dit dans les milieux proches de la gauche qu’il aurait exprimé le souhait de se rendre en Algérie- légitime aussi sa stigmatisation de la SFIO par le fait que, dit-il, «nous sommes responsables de l’avenir». Les Algériens ne pourraient être que confortés dans leur démarche par les propos de François Hollande qui, sans doute, ne manqueront pas de relancer d’une manière plus explicite le débat sur les responsabilités françaises en Algérie dans l’espace public français. Interrogé à ce sujet, l’historien Benjamin Stora -qui s’est, au passage, étonné de voir quelques titres de la presse algérienne lui faire tenir des propos sans rapport avec les termes de la communication qu’il avait récemment présentée à Alger- estime qu’«il s’agit d’une rupture franche avec le passé colonial de la SFIO. Cinquante après le vote des pouvoirs spéciaux de mars 1956 qui décide l’intensification de la guerre contre les Algériens, le Parti socialiste, par la voix de son secrétaire général, décide de rompre avec ce passé. La position de Guy Mollet avait entraîné au désastre le socialisme français. Si bien que pour les jeunes générations, en termes mémoriels, le PS prend naissance en 1971 au congrès d’Epinay et non en 1905, moment de la proclamation officielle du Parti socialiste. La refondation de 1971 permettait de ne pas réexaminer les positions de chacun dans le drame colonial, y compris de François Mitterrand. C’est chose faite. Il fallait être patient.» La position de Hollande ne manquera pas de provoquer diverses réactions, notamment en France, qu’il faudra suivre avec attention qui marqueront l’évolution de l’opinion française sur des questions qui commandent l’avenir des relations entre les deux pays. C. B les socialos qui ont une très grande responsabilité dans : -la déstabilisation de l'Algérie, dès 1963, à travers l'internationale socialiste et toutes ses filiales nationales et internationales - martine aubry qui a financé la maison kabyle de France de hanifa chérifi contre tous les revedications des autres berbères + + - la "guerre CONTRE les civiles" menée par les nazillons verts car là aussi notre histoire est falsifiée -qu'a fait mitterand et tous ses acolytes depuis 1991 à ce jour d'où sont sortis tous les slogans "qui tue qui" et autres actions d'insultes contre les Algériens (nes) démocrates ! ! pour aller récolter les voix "beurs" ils sont prêts à vendre leur femme a tout renier même leur âme |
|  | | djemaa
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 | Sujet: EL WATAN Lun 15 Mai - 16:39 | |
| Etienne Duval, un chemin de certitudes Certains hommes transcendent les limites de leur époque : Etienne Duval est largement de ceux-là. Le cardinal, qui a si hautement incarné les vertus de la fraternité, a porté et délivré, toute sa vie, un message de raison dans un monde presque toujours déraisonnable. Homme d’Eglise, il donnait de lui l’image de quelqu’un qui, en servant Dieu, avait l’intime conviction de servir les hommes. C’est en cela que le cardinal Duval n’était pas seulement de son siècle, mais qu’il avait atteint à une forme d’intemporalité, car son propre credo était de toute évidence déduit des enseignements fondateurs de sa religion et plus singulièrement encore le vœu de paix dont elle est empreinte. Une telle vocation est de tout temps un fardeau lourd à porter, car la sagesse, une aussi humaine propension à la fraternité que celle affirmée par Etienne Duval n’ont pas toujours suffi à faire taire les rancœurs et les préjugés. Le cardinal avait eu cette particularité d’avoir exercé son office dans un contexte propice à tous les déchirements. Il était le représentant de l’Eglise chrétienne en Algérie, pays musulman dont les enfants étaient, pour paraphraser Louis Aragon, étrangers en leur pays lui-même. Les vertus du cardinal Duval lui valurent alors une quasi mise à l’index et nombre de ses coreligionnaires lui exprimèrent une persistante hostilité. Etienne Duval était pourtant un peu dans l’esprit fraternel qui avait été celui de l’émir Abdelkader en Syrie. Il est dangereux, lorsque les haines sont fortement scellées, d’aller à l’encontre des idées reçues. Face à l’intolérance bornée de ceux qui le vouèrent, dans sa propre foi, aux gémonies, celui que des esprits chagrins nommèrent Mohamed Duval sut faire preuve de cette élévation morale qui le désigna tôt comme un Juste. Cet homme apaisé avait un sens inné du rapport aux hommes quelle que soit leur croyance et à plus forte raison s’ils ne partageaient pas la sienne. Et sans doute sa mission ne fût-elle pas aisée dans une Algérie colonisée sous la conjonction du sabre et du goupillon. Par un curieux hasard, presque une insolente pirouette de l’histoire, le cardinal portait presque le même nom que ce consul français de sinistre mémoire qui provoqua l’épisode du coup de l’éventail et la conquête coloniale. Mais l’histoire n’est pas, quelquefois, un fatal recommencement. Le cardinal Duval et avec lui l’Eglise chrétienne d’Algérie eurent sans doute un jour la fulgurante conscience du tragique déni que représenta en Algérie la colonisation. Il refusa, avec d’autres comme Alfred Berenguer, de laisser s’abîmer le formidable espoir d’une rencontre entre les hommes de bonne volonté. Il avait été, lui qui défendait si passionnément l’universalité de l’homme, un chantre avant l’heure du dialogue des civilisations et des cultures. C’est lui qui, rencontrant cheikh M’hamed El Anka, avait malicieusement attribué ce titre de cardinal par lequel était connu le maître de la chanson chaâbi algérienne. C’était sa manière à lui de marquer que parmi les plus magnifiques sentiments qui sont donnés en partage à l’Humanité, il y a ceux du cœur. Et c’est une telle certitude qui a scandé le parcours d’un homme qui sut avoir le talent de constituer un exemple. Amine Lotfi Comme mes Ancêtres je n'ai ni dieu ni maître même si je suis contre l'anarchie donc je ne roule ni pour le croissant, ni pour la croix mais que ce soit durant notre Guerre d'Indépendance ou notre combat contre les nazillons verts nous fûmes aidés par des femmes et des hommes qui ont mis d'abord mis leur coeur et honneur en premier ! tous ne furent pas comme camus qui préféra sa mère (la défense de sa communauté colonialiste) au droit d'un peuple à disposer de son destin |
|  | | djemaa
Nombre de messages: 831 Date d'inscription: 08/11/2004
 | Sujet: Re: El Watan Lun 15 Mai - 16:52 | |
| Parution-Un recueil d’édition de Benzine Reporter du quotidien C’est une heureuse initiative qu’a prise l’éditeur Chihab de publier un très beau et stimulant recueil d’articles* du journaliste et directeur d’Alger républicain, ravi aux siens et à la corporation il y a trois ans. Un ouvrage qui - comme celui consacré par l’éditeur parisien Le Seuil aux articles de presse de Kateb Yacine, il y a une décennie - propose aux lecteurs de prendre une mesure réelle d’une autre veine journalistique algérienne de talent et de combat, une capacité remarquable de comprendre et de dire les problèmes de la société. Ceux de l’Algérie tourmentée de 1989 à 1994, avec ses désespérances tant les jeux étaient touillés et que Benzine a su apprivoiser pour les rendre par les mots. L’écriture est dans la continuité intacte de son combat au sein du même journal Alger républicain, affrontant moult interdictions et attaques sous l’occupation coloniale du pays. Un journal symbole où ont été inscrites les collaborations soutenues de célèbres griffes comme celles de Kateb, Camus et Saïd Mekbel. Aux historiens, aux journalistes mais aussi aux citoyens désireux de ne pas oublier les années où l’Algérie a basculé dans la barbarie intégriste, cet ouvrage apporte, en clair et datés, des élans de la conscience écorchée du journaliste Benzine. Dans l’un des tout derniers papiers publiés (21 mars 1994), il écrit : « En décembre 1991, le choix était entre un système mafiosi connu et vomi et un avenir islamiste qui promettait le paradis. On a vu tout ce qu’on sait, enfants décapités, enseignants assassinés devant leurs élèves, imams, femmes, moudjahidine, magistrats et artistes et tant et tant qu’on ne peut plus comptabiliser. Mon Dieu, de quelle patience sommes-nous porteurs ! » Dans cet ouvrage, on constate comment Benzine se délivre en témoin de son temps, qui ne peut éviter les questions les plus délicates ou dangereuses alors qu’il avait la difficile mission de redonner vie et gouverner Alger républicain, soumis à toutes sortes de pressions, jusqu’à avertir franchement ses lecteurs, d’un mot resté dans les mémoires : « Le journal qui paraît quand il peut. » Les règles du jeu sont claires, cela va mieux en le disant. Un pied de nez aux bureaucrates gérant la manne de publicité d’Etat et ses imprimeries, dérangés par ce journal défendant encore mordicus les droits sociaux, pour que l’Algérie reste debout. De ce florilège d’articles publiés en volume, retenons aussi un hommage rendu par Benzine à d’anciens camarades de combat, disparus trop tôt, le peintre et le poète, ancien secrétaire du parti communiste : « Mohamed Khada, Bachir Hadj Ali aujourd’hui : comment leur reprocher de nous avoir quittés en ces douces nuits de mai, nous laissant perdus et éperdus, orphelins dans notre beau pays où les chants et les couleurs se font clandestins ? » (Alger républicain, 10-11 mai 1991). De bout en bout de ce recueil, on pense au sens élevé donné au journalisme par le sociologue Pierre Bourdieu : « Résister aux paroles, ne dire que ce que l’on veut dire ; parler au lieu d’être parlé par des mots d’emprunt. Résister aux paroles neutralisées, banalisées. » On dit que le journalisme fait partie intégrante de l’histoire immédiate d’une société : le précieux ouvrage de Benzine est à la hauteur de cette exigence. Il est à (re)lire d’urgence pour échapper à l’anesthésie de cette époque où les repères continuent de vaciller. - * Abdelhamid Benzine : De notre histoire au quotidien. Alger républicain 1989-1994. Préface de Henri Alleg. Chihab Editions, 2006. Belkacem Mostefaoui |
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