
Aurès-Ichawiyen Imazighen -Afrique du Nord Les Aurès : culture, débats et actualités |
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Rebel
Nombre de messages: 81 Date d'inscription: 15/04/2006
 | Sujet: Les poules rebelles Mar 30 Mai - 19:05 | |
| Les poules rebelles. Récemment un vieux maquisard me raconta deux drôles histoire. La 1ére, il s'agit d'un Tissal (un messager) qui se déplace de katiba à katiba à dos de cheval pour apporter des ordres ou récolter des renseignements. Un soir il arriva prés d'un douar dans la région de Barika, il choisit un gourbi en retrait et s'en alla bivouaquer. Au petit matin il fût réveillé par les bruits de soldats de l'armée française venus déclencher une opération de grande envergure. Il était aux aguêts lorsqu'il apperçu un soldat attraper une poule qu'il enfouit dans les larges poches de son treillis. Soudain le voleur remarqua la présence du maquisard, face à face le djoundi tira et abattit le militaire, la poule profitant de cette aubaine pris la fuite. Sa propriétaire folle de joie accourut et se jeta sur le maquisard le couvrant de baisers pour le remercier d'avoir sauvé sa poule. Notre frère a eu juste le temps de repousser cette pauvre vieille. Il enfourcha son cheval et pris la fuite, il a eu la vie sauve grâce à la fougue de sa bête. Cette histoire m'a été racontée par SI MOHAMED CHERIF DJARALLAH officier de l'ALN qui s'est battu de 1954 jusqu'à l'indépendance dans les AURES sans jamais les quitter. Il vit aujourd'hui discrètement à Batna. A demain pour la seconde histoire: La poule qui tua un soldat à l'aide de sa propre arme... _________________ Les Aurès dans le coeur...
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|  | | Rebel
Nombre de messages: 81 Date d'inscription: 15/04/2006
 | Sujet: Le poulet rebel Mer 31 Mai - 14:19 | |
| Il est de notoriété historique que lorsque les soldats de l'armée coloniale étaient en opération dans les douars une fois les fouilles des gourbis terminées, ils couraient derrière les poules leur plat favori une fois de retour à leur campement. C'est ainsi qu'un sous officier sa carabine US pendu au coup tentait d'attraper une volaille. Cette dernière en s'envolant accrocha sa patte à la gâchette du fusil, la sécurité n'étant pas enclenchée le coup parti, le soldat atteint à la tête tomba raide mort. Cette 2ème histoire m'a été racontée par le même personnage: SI MOHAMED CHERIF DJARALLAH auquel je rends un grand homage. Souvenons- du film LE VENT DES AURES et de cette vieille maman parti à la recherche de son fils kidnappé par l'armée française. Durant tout le film on la voyait trimbaler une volaille destinée à amadouer les sentinelles des camps... _________________ Les Aurès dans le coeur...
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|  | | djemaa
Nombre de messages: 831 Date d'inscription: 08/11/2004
 | Sujet: LE QUOTIDIEN D'ORAN Mer 7 Juin - 14:31 | |
| Pardon Rebel mais cette information rejoint vos récits : BATNA Merouana se souvient du chahid Ali N’meur Merouana, ex-Corneille, chef-lieu de daïra de la wilaya de Batna, une des plus anciennes sous-préfectures, n’oublie pas ses héros, Ali N’meur, tombé au champ d’honneur à Chélia dans une bataille le 06.06.1958. Comme plusieurs héros de la révolution, Ali N’meur a émigré en France où le mouvement nationaliste était actif et formait les Algériens dans la perspective du combat ultime pour la libération de la patrie. De retour dans la région natale, Ali N’meur intègre la cellule du PPA de Batna, alors qu’il travaillait dans une entreprise du bois. Cet ancien scout et ancien joueur de football du CAB (Batna) était resté parmi les militants des Aurès qui participaient dans l’encadrement des premiers groupes de maquisards du 1er novembre 1954. Pour ne pas oublier ce martyr, M. Mohamed Cherif Abbès, ministre des Moudjahidine, accompagné du secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine et des autorités locales, s’est déplacé avant-hier matin au village natal du martyr, le commandant Ali N’meur, pour assister à la commémoration du 48ème anniversaire de sa mort. En marge de cette visite, rappelons que M. le Ministre a procédé à la pose de la 1ère pierre d’un projet de 90 locaux pour les jeunes chômeurs de Merouana. Manaa Nacer |
|  | | djemaa
Nombre de messages: 831 Date d'inscription: 08/11/2004
 | Sujet: Le Soir d'Algérie Mar 4 Juil - 13:28 | |
| Apart le Matin assassiné c'est le dernier lieu où l'on encore lire des informations de presse et non pas des communiqués made et mode in boutef ! A Boudrièss, Fedh-Amar et Sidi-Daher, dans la commune d’El Houidjbat, daïra de Maa- Labiadh, dans la région frontalière de Bouchebka, dans la wilaya de Tébessa, à défaut d’aller à l’école, les enfants vont à la collecte de l’eau toute l’année. En 2006, 44 ans après l’indépendance que les autorités locales fêtent en grande pompe dans le chef-lieu de wilaya, les femmes accouchent encore sur les routes, font leur cuisine au bois et éclairent leurs «habitations » à la bougie. Dans ces localités, pas question de fêter le recouvrement de la souveraineté nationale. Le cœur n’y est pas ! «Pourquoi le faire ? Le tribalisme sévit plus que jamais. A cela s’ajoutent les préjugés des autorités qui voient en nous des gnatria (contrebandiers). Pour transporter 9 cartons de plâtre, 4 madriers, un sac de semoule, une bouteille de gaz, ou n’importe quelle autre chose, nous sommes obligés de faire 60 kilomètres pour aller chercher une autorisation de transport chez les douanes, sinon les gardes frontières, les gendarmes nous confisquent nos courses et mettent à la fourrière nos véhicules. Qu’est-ce qui a changé pour nous depuis 62 ? Rien ! Les choses empirent chaque année un peu plus.» C’est l’entrée en matière de Mohamed, notre jeune guide, le seul à avoir accepté de nous piloter à travers cette région où, nous a-t-on dit, les enfants ne sont jamais allés à l’école ou n’y vont plus une fois la sixième bouclée. En ce 27 juin 2006, notre guide, né en 1976, que nous avions rencontré à El Djorf la veille, nous donne rendez-vous à Bouchebka, à quelques mètres des postes-frontières, juste à côté de l’hôpital. Une belle bâtisse abandonnée. Du moins elle en a l’air. Un habitant confirme : «Pas un seul spécialiste ne vient, aucun responsable ne supervise les lieux, gérés au gré des humeurs et des visites officielles quand il y en a.» Un constat valable pour la route principale de Bouchebka. Celle qui mène vers la Tunisie. Piètre visage de notre pays que celui que l’on «offre» aux étrangers qui foulent par cette frontière le sol algérien. Une image qui ajoute au dépit de nos concitoyens qui vont de l’autre côté de nos frontières. Nous embarquons dans une vieille 505 pour aller vers Fedh-Amar. On quitte le bitume pour emprunter une piste qu’aucun transporteur ne prend. Même au prix fort. Cap sur un des flancs des monts de Tébessa. A la chaleur étouffante de la mi-journée, s’ajoutent les poussières soulevées par les «véhicules» qui nous croisent ou nous précèdent. «Toutes ces vieilles voitures ne vont jamais sur le goudron. Si elles passent chez l’ingénieur des mines il les réforme.» Pas de moyens de communication. Souvent les femmes accouchent sur les routes Les habitants de ces douars de «l’Algérie profonde », comme on aime à les qualifier, que nous avons croisés le 27 juin dernier, n’hésitent pas à s’arrêter pour s’enquérir du motif de notre présence. «Ici, les étrangers sont très vite repérés, nous nous connaissons tous, nous sommes de la même famille. » Notre profession et les raisons de notre présence déclinées, une seule et même revendication : «Qu’ils nous “arrangent” la route et on s’organisera pour que nos enfants aillent à l’école.» La route a déjà été tracée et réalisée comme en témoignent les restes d’asphalte sur lesquels notre véhicule heurte parfois. Dès que l’on tente de profiter du paysage, pour oublier le rude climat et nos conditions de transport, une «histoire» nous ramène à la réalité. «C’est ici à cet endroit précis que ma femme a accouché alors que je tentais de l’emmener à l’hôpital. Heureusement qu’il y avait avec moi une vieille femme», raconte Mohamed alors que l’on quitte El Djah où l’alpha et le romarin forment une immense étendue. «Le romarin que les Tunisiens cueillent pour transformer en huile pour les cheveux », nous précise-t-on à Fedj-Ettine où, à 13 heures par une chaleur qui avoisine les 44 degrés, Kaïs, qui n’a pas encore bouclé ses sept ans et qui ne connaît pas l’école, se bat avec un jerrican rempli d’eau que son mulet, par un geste, a fait basculer. Notre chauffeur s’arrête pour aider le gamin vêtu d’un tee-shirt à l’effigie de Zidane et dont le rêve est de devenir médecin. Ils rêvent de devenir médecins, mais ne vont pas à l’école C’était aussi le rêve de Haytem, qui a quitté l’école en 9e année parce que «les gens» chez qui il était à Tébessa pour étudier «n’en voulaient plus». Pas d’internat selon lui à Tébessa. Dans sa mechta à quelques kilomètres de Boudrièss, il y a une école primaire. Un des enseignants nous apprend qu’ils sont trois à assurer les cours, mais pas de prof de français à l’école Mohamed-Larbi-Boudrièss. Mais qui en a cure ? Ceux qui dans cette école réussissent doivent faire jusqu’à 10 km par jour à pied pour rejoindre le goudron, prendre un transport pour aller au CEM d’El Houidjbat. Difficile épreuve pour les garçons. Impossible parcours pour les filles. L’une d’entre elles au regard vif et intelligent interrompt un des habitants qui nous racontait le refus de L’Emifor de céder aux jeunes de la localité, pour exploiter la pépinière des arbres fruitiers. Elle s’étale sur des dizaines d’hectares et est fermée depuis 14 ans. La gamine nous apostrophe pour nous amener à la salle de soins. Elle tenait à nous montrer dans quel état était l’emblème national hissé sur le fronton du centre de soins, déserté depuis fort longtemps par les infirmiers et médecins : en lambeaux ! Notre photographe ne rate pas l’image et son geste semble faire plaisir à la petite fille qui nous dit comment sa maman cuisine au bois, comment son papa et elle-même vont à son ramassage dans la forêt des pins, un endroit paradisiaque. «Géré» par la direction des forêt dont «le seul souci», nous dit-on, est de porter plainte contre les habitants pour avoir coupé du bois. «Comment devons-nous faire ?» nous demande Rabia, la quarantaine passée. Nous l’avons rencontrée à Fidh-Amar dans une chaumière sans eau ni électricité. Elle y vit avec son mari âgé de 77 ans qui, contrairement à tous les habitants de la mechta, n’a pas quitté son sol natal. Son fils Walid de 8 ans ne va pas à l’école. Elle le garde avec elle pour combler sa solitude et celle de son conjoint dans cette demeure, où il n’y a ni télé, ni frigo, où seule une radio fonctionne H24. «Quand il pleut, on est coupé du reste du monde des jours durant.» Rabia a sacrifié son fils pour envoyer sa fille Nassima à l’école. Nassima qu’elle ne voit plus depuis qu’elle est chez sa sœur et dont elle nous montre non sans fierté son diplôme d’honneur. «Mes autres garçons ont raté leur vie. Ma fille doit la réussir.» C’est sa revanche sur son destin. Un poste-frontière qui fait triste mine Elle qui est persuadée que l’Etat n’a pas failli, puisque ayant initié des projets dans le cadre de l’habitat et du développement rural. Comme en témoignent les vergers d’arbres fruitiers dont ont bénéficié des jeunes qui recourent aux seaux pour les arroser. «Ils ne doivent pas dire que nous, nous travaillons pas. Nous ne les laisserons pas nous décourager ! » Pourtant il y a de quoi. L’Etat a investi dans le forage de puits. Quatre. Inexploités, faute d’électricité et de factures impayées quand il y en a. Elle se désole que les autres n’aient pas fait parvenir «el amana» et nous Au pays du gaz et du pétrole, on cuisine demande de le dire au premier magistrat du pays «présent» dans la demeure d’El Hadj Ali. Sous le portrait du chef de l’Etat, pris d’une affiche électorale 99, collé sur un mur décrépi, il y est écrit en français «Algérie Forte et Digne». Rabia n’en connaît pas le sens. On ne le lui traduira pas. Elle s’accroche à ce symbole de l’Etat. «C’est le seul lien que j’ai avec mon pays, tout le reste nous a été confisqué.» «Nos droits de citoyens algériens. Le droit de nos enfants d’aller à l’école. Mon droit d’accoucher dans un hôpital, d’avoir le gaz, l’eau et l’électricité. Le droit de faire des courses sans être obligé de ramener une autorisation des douanes…» Elle les égrène tel un chapelet. Puis nous fait promettre avant de prendre congé de revenir pour le 21 août, fête du «saint Sidi Daher» dont le «makam» se trouve sur la bande frontière. On y va sur insistance de notre guide qui tenait à nous montrer l’endroit. C’est d’ailleurs là dans la source de Sidi Daher, descendant du Prophète, nous dit-on, que les gamins vont puiser l’eau. Notre arrivée sur les lieux nous fait sentir l’ampleur des dégâts de l’abandon de cette région où jamais un responsable ne met les pieds. Notre poste-frontière construit à proximité d’un cimetière fait triste mine en face de celui majestueux des Tunisiens. Les gardes-frontières viennent vers nous en débardeurs. Une image négative du pays qui vient s’ajouter à toutes les autres. C’est à croire que Tébessa, qui a vu naître Mohamed Echbouki, auteur de Min Djibalina, décédé l’an dernier, n’a rien gardé des valeurs de Novembre. S. A. |
|  | | djemaa
Nombre de messages: 831 Date d'inscription: 08/11/2004
 | Sujet: El Watan Mar 11 Juil - 10:12 | |
| Bali Bellahsène « El Hadj » Un combat qui ne finit pas A l’évocation du nom de Bali à Tlemcen, le commun des mortels de la génération d’après-guerre l’identifie à la salle des fêtes se trouvant sur la route de Chetouane et où un grand nombre de mariages de la « Perle du Maghreb » ont eu lieu. A l’évidence, Bali Bellahsène dit El Hadj, propriétaire de ladite salle des fêtes, fut un fedaï invétéré qui, par ses actions, a donné du fil à retordre aux services de sécurité du colonialisme français. Dans un document d’avis de recherche des 40 maquisards les plus dangereux d’Algérie et diffusé par la direction de la Sûreté nationale française, Bali figure aux côtés entre autres des Amirouche, Abane Ramdane, Ben Boulaïd, Ben Bella, Ben M’hidi, Bouzidi, Boubnider, Boussouf, Boudiaf, Mahsas, Ouamrane, Zighout Youcef, Krim Belkacem. Bali le fedaï Dans l’Algérie colonisée, Bali vivait dans la misère. Pour aider ses parents, il arrive, en 1955, à se faire recruter durant les vacances scolaires, à l’âge de 18 ans, comme vaguemestre aux Ponts et Chaussées. C’est en côtoyant les Français, les Espagnols et certains juifs dont le plus instruit avait le niveau de certificat d’études, que Bali se rend compte qu’il était fortement opprimé dans son pays. Quelque temps après, soit 3 mois, il entre en contact avec le FLN à Oujda pour rejoindre le maquis. La rencontre a eu lieu dans un bain maure. On lui signifia : « On a besoin de toi à Tlemcen. » Deux mois s’écoulent, quand un jour, une personne se présente au magasin de son père cordonnier. Elle était envoyée par un certain Mustapha d’Oujda et a dit à Bali El Hadj : « Tenez, un pistolet et une grenade, cachez-les moi jusqu’à demain. » Le monsieur qui avait pour surnom Boumediène, ayant un accent kabyle, revint deux jours après et fixa un rendez-vous à Bali le lendemain à 16h. A l’heure exacte, l’homme se pointa et ensemble prirent le chemin qui mène vers l’actuel hôtel Zianides, puis Birouana pour atteindre les jardins de Sid Tahar. Là, deux moudjahidine armés les ont accueillis. Il ’agissait de Hamadouche Boumediène dit Salah et de son adjoint Mustapha El Ouarnidi. La première question qui fut posée à Bali était : « En es-tu capable ? » La réponse a été catégorique : « Si je me suis présenté à vous, c’est pour donner ma vie à mon pays. » La décision de sa mission, il l’a reçue le jour suivant. Il s’agissait pour Bali de créer des cellules de fedayin à Tlemcen. Chaque cellule était composée de 5 personnes, dont un responsable. Après 2 mois de dures investigations, Bali a réussi à détecter 5 responsables qui, à leur tour, formèrent leurs cellules respectives. En remettant la liste à ses supérieurs, Bali nota que son jeune frère âgé de 15 ans figurait parmi les recrues. La première opération inscrite à l’actif de Bali fut de lancer, fin 1955, une grenade au niveau de la Place de Tlemcen où des militaires étaient attablés. Le lendemain, il lut le bilan dans les journaux, 1 mort et 13 blessés graves. Après une autre action sanglante en août 1956 - Bali jeta une grenade sur un camion GMC, faisant parmi les militaires 4 morts et 4 blessés, on l’appela au maquis. Il devint secrétaire du chef des commandos Hamadouche et ravitaillait les fedayin en armes et explosifs avec la collaboration de femmes et d’un aveugle, nommé Bahlouli toujours en vie. La guerre, Bali l’a vécue dans sa vraie dimension. Sa vie, ses exploits, son audace, l’horreur, Bali les livre dans des écrits. Bali l’écrivain El Hadj Bali a rejoint le maquis avec le niveau terminale (3e année secondaire actuelle). C’est dire qu’il n’était pas destiné à prendre la voie de la littérature. Pourtant, il publia trois livres : Mémoires d’un jeune combattant de l’ALN en 1999, Le rescapé de la ligne Maurice en 2004 et Le colonel Lotfi en 2005. Ce désir d’écrire, Bali l’explique comme une dette qu’il doit payer envers ceux qui ont lutté avec lui et qui sont morts sans avoir la chance comme lui de vivre dans une Algérie indépendante. Il sentira ce besoin de relater l’héroïsme des moudjahidine et de les mettre en valeur après avoir remarqué qu’après plus de 40 années après la fin de la guerre peu de témoignages racontent l’histoire de l’Algérie. Malgré les problèmes rencontrés pour l’impression des livres, Bali les publie en mettant la main à la poche. Pour lui, il continue le combat au nom de ceux qui ne sont plus là, comme le colonel Lotfi pour lequel il dédie tout un livre. Pour sa collaboration dans l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie, Bali a fourni plus d’un millier de pages totalisant ses trois livres où la lecture est simple avec une réalité crûment racontée. Bali le diplomate Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, Bali qui a appris à manier le verbe et à traiter des affaires délicates pour mener à bien sa mission avec les fedayin sous sa coupe, est appelé à rejoindre le ministère des Affaires étrangères. Après avoir refusé un premier poste à Buenos Aires en Argentine, Bali est sollicité comme attaché-régisseur et reçoit une correspondance référencée 279/64 SDBM du 14 mai 1964 avec l’octroi de 400 000 DA comme volume de dépenses au profit de l’ambassade algérienne à Pékin en Chine. Sa carte professionnelle de diplomate porte le n° 5664F et elle est signée par Omar Gherbi, directeur de l’administration générale. Cependant, le sort ne destinait pas Bali à une carrière diplomatique. Habitant le quartier Gai Soleil à Alger, Bali retrouve sa mère et lui annonce la nouvelle de son départ à Pékin. Cette dernière en pleurant lui dit : « Cela fait 7 ans qu’on ne t’a pas vu et aujourd’hui où l’on goutte à des moments de plaisir avec toi, tu nous quittes. » Cette phrase a été suffisante pour que Bali coupe le cordon ombilical avec le ministère des Affaires étrangères. Il va voir Rahal Abdellatif, actuel conseiller en diplomatie du président Bouteflika, et lui signifie son refus d’aller à Pékin. Comme réponse, et avec une pointe d’amertume, il a eu : « Si des hommes comme vous refusent ces responsabilités, alors sur qui compter. » Vers la fin de l’année 1964, Bali est contacté par Temmam Abdelmalek pour un poste au sein de la Banque du crédit foncier qui deviendra BNA par la suite. Bali prendra la direction régionale à Aïn Témouchent puis Tlemcen jusqu’à la retraite. Bali l’historien Le combat qu’il mène ne s’arrêtera pas à l’indépendance. La révolution algérienne l’a marqué de façon indélébile et la grandeur de l’œuvre ne peut garder tous ses secrets. Souvent invité comme cadre de banque à des festivités pour commémorer les dates du 5 juillet et du 1er novembre, Bali constate qu’il n’y a pas d’éléments qui rappellent exactement notre lutte de libération. A partir de là, il se dit être un ressuscité et avoir le devoir de créer une exposition, voire un musée. Il contacta l’APC de Tlemcen et obtint une liste de 500 fedayin. Vivants ou morts, il se rend chez eux et récupère photos, objets, données et autres. Il se procure des archives de l’armée française et possède des manuscrits tel un document de 199 pages, écrit par le colonel Lotfi. Il commanda aussi des tableaux de peinture de Ben M’hidi, Si Haouas, Zighout et bien d’autres qu’il paya des fois à pas moins de 20 000 DA l’unité. Ainsi, avec quelque 800 photos inédites et une trentaine de tableaux, il ouvrit un musée dans les locaux mitoyens à sa salle des fêtes. Sollicité lors de manifestations commémoratives, il exposa son musée ambulant à Oran, au musée national et dans presque toutes les universités algériennes. Bali est fier de son itinéraire et il en parle avec émotion. S. R. O. |
|  | | djemaa
Nombre de messages: 831 Date d'inscription: 08/11/2004
 | Sujet: Liberté Mar 25 Juil - 10:03 | |
| L’Algérie profonde (Mardi 25 Juillet 2006) Mines antipersonnel Morrice et Challe Des révélations sur les barrages de la mort Par : SAID OUSSAD La France partie, son “ legs” continue à faire des ravages au milieu d’innocentes victimes. Le livre de Amar Boudjellal, colonel de l’ANP à la retraite, les Barrages de la mort, le front oublié, revient sur une période noire de la présence française en Algérie. L’auteur, natif de Kaïs à Khenchela, le 12 décembre 1932, retrace le long des 150 pages du livre, son ou ses combats depuis son incorporation dans les rangs de l’ALN jusqu’à son affectation à la tête d’une unité de génie, spécialisée dans les opérations de déminage le long de la frontière ouest. Nous saurons aussi l’historique de ces deux lignes où comment le ministre de la Défense nationale du gouvernement français de l’époque, le fameux Morrice, et les autorités militaires se sont inspirés de la ligne Maginot pour ériger les lignes et barrages minés et électrifiés sur les frontières est et ouest de l’Algérie. Pour la petite histoire, le ministre de la Défense était aussi propriétaire d’une usine qui produisait le fil barbelé et la ligne qui porte son nom fut une opération juteuse pour son commerce mais aussi à l’origine de sa démission après que les journaux français aient crié au scandale. À partir de 1958, ce seront des milliers de kilomètres du nord au sud électrifiés, quelque 6 000 volts, et minés le long des deux frontières sur une largeur de 8 à 12 m avec une densité de plus de 100 mines au 100 m posées en quinconce. S’agissant de la portion frontalière ouest, la zone concernée va de Marsat Ben M’hidi jusqu’aux monts de Béchar. Alors que d’autres régions de l’intérieur du pays, notamment aux abords des lieux d’implantation et de concentration des troupes françaises, ont été également minées. Antipersonnel, collectives, antichars et éclairantes faisaient parties de l’arsenal “civilisationnel” du colonialisme français. Ces champs de mines, peut-on lire encore, ont occasionné un nombre important de victimes, entre morts et handicapés à des degrés divers. Par opposition aux mines bondissantes antigroupe, obus piégés, celles qu’on qualifie de plus dangereuses mais qui ont une durée de vie limitée à cause de leur emballage, les mines antipersonnel sont quasiment éternelles car l’emballage n’est pas biodégradable. “S’il y a encore des mines qui tuent c’est parce que l’armée française a quitté les lieux sans se soucier de ce qui allait se produire après son départ ”. Ce qui a compliqué davantage la tâche aux démineurs algériens est l’absence des plans de mise en place sous terre des engins de mort. Elles n’ont jamais été remis aux autorités algériennes après 1962. Le livre abordera aussi le volet de la torture dans les Aurès et un chapitre sera consacré au linge sale de la Révolution. SAID OUSSAD LES AURES ONT LARGEMENT SOUFFERT POUR QUE D'AUTRES SE SERVENT cet ouvrage me permet de rendre hommage à deux Combattants, parmi beaucoup d'autres, mort sans publicité "nous n'avons fait que notre devoir" nous disaient-ils ! ! : - Guentas Mahboubi mort les armes à la main, durant la révolution, sa maman est une Boudjellal de Kaïs (mon oncle maternel) - Djoghlal Mhond, militant, il nous a quitté l'an passé sans publicité, il a sauvé la vie à de nombreux Combattants sur cette ligne dont un ministre...(oncle paternel) |
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