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 L'ECHEC DE LA POLITIQUE DE LA MAIN TENDUE

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MessageSujet: L'ECHEC DE LA POLITIQUE DE LA MAIN TENDUE   Jeu 12 Juin - 10:35

La recrudescence des attentats qui ont causé la mort, dimanche, d'un ingénieur expatrié, survient sur fond de guerre de succession au sommet de l'État.
Pierre Nowacki, un ingénieur français, est mort dimanche soir lors d'une attaque terroriste commise à Beni Amrane, une localité située à l'est d'Alger proche de Lakhdaria. Une première bombe téléguidée a sauté au passage du convoi sécurisé de l'expatrié français. Elle a touché le véhicule du Français à la sortie d'un chantier de construction d'un tunnel ferroviaire, alors que son cortège regagnait la base de l'entreprise de travaux public Razel. Pierre Nowacki et son chauffeur algérien ont été tués dans l'explosion.

Une seconde déflagration s'est produite une dizaine de minutes après l'arrivée des secours et des renforts des forces de sécurité. Elle aurait coûté la vie à onze personnes selon des bilans de presse. Une information démentie par le ministère de la Défense curieusement près de vingt heures après sa diffusion mais confirmée par des sources indépendantes présentes sur place.

Quoi qu'il en soit, l'offensive conduite par l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a fait allégeance au réseau d'Oussama Ben Laden, est la plus importante menée depuis six mois sur le territoire algérien. Les djihadistes d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) frappent dans les zones où ils restent bien implantés quinze ans après le déclenchement de l'insurrection armée du Front islamique du salut (FIS). Ils tentent aussi d'atteindre des cibles dans la capitale où les modes opératoires sont beaucoup plus délicats. Mercredi, un kamikaze s'est ainsi fait exploser près de l'hôtel Hilton à Alger non loin d'une caserne de la garde républicaine sans parvenir à la terrasse de café qu'il visait. Les radicaux armés déclenchent leur nouvelle vague de terreur en tentant de donner un retentissement international à leurs actions.

À Paris, Bernard Kouchner a appelé hier ses concitoyens à continuer malgré tout de travailler en Algérie. «C'est un pays où nous devons travailler, où les rapports commerciaux, amicaux, sont évidemment très importants, et il faut les développer», a-t-il déclaré alors qu'a débuté la Foire internationale d'Alger, une manifestation qui attire chaque année de nombreuses PME françaises en quête de nouveaux marchés dans l'eldorado pétrolier algérien. Il a toutefois reconnu que l'Algérie «est un pays dangereux».


Concessions aux islamistes

La recrudescence des attentats survient également dans un climat d'incertitude politique, sur fond de guerre de succession au sommet de l'État. Depuis quelques semaines, la campagne orchestrée par des apparatchiks pour une révision constitutionnelle, qui offrirait au président Bouteflika un troisième mandat, s'est brusquement arrêtée. Affaibli par la maladie depuis son opération d'un cancer gastrique, en novembre 2005 au Val-de-Grâce, le chef de l'État algérien serait dans l'incapacité de prolonger le bail pour cinq ans. Dans la hiérarchie militaire, de vives réticences commencent à se manifester, en raison d'une «réconciliation nationale» qui, au fil du temps, a pris des allures de reddition de l'État face à l'islamisme.

Pour contourner ces obstacles, le président aurait, dit-on, opté pour une démarche «originale» : réviser la Constitution pour transformer le quinquennat en septennat avec effet rétroactif, et nommer un vice-président chargé de le seconder, avant de lui succéder en 2011.

L'ex-premier ministre Ahmed Ouyahia, patron du Rassemblement national démocratique, occupe déjà le poste comme représentant du chef de l'État sur la scène internationale. S'il a les faveurs de certains cercles militaires, ce technocrate aux compétences reconnues, réputé hostile aux islamistes, est cependant loin de faire l'unanimité. Candidats au casting, d'autres personnages du sérail prêts à jouer les lièvres se chauffent dans les coulisses. À dix mois de la fin du second mandat présidentiel, la question est toutefois loin d'être tranchée par les «décideurs».

À défaut d'avoir le feu vert de la hiérarchie militaire, on prête au président Bouteflika l'intention de passer à la hussarde en s'appuyant sur les islamistes. Depuis quelques mois, son gouvernement multiplie les gages de «bonne foi» en leur direction : des dizaines de débits de boissons alcoolisées sont fermés dans la capitale, des chrétiens pourchassés pour «pratique de culte non musulman sans autorisation», des femmes seules interdites de restaurant… Il y a deux semaines, le premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, déclarait : «Le Coran est la seule Constitution de la société algérienne !» Ces concessions ont dopé le moral des islamistes radicaux, déterminés à aller jusqu'au bout de leur aventure sanglante.

LE FIGARO 12/06/2008
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