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 Awal d Wuzzal : Ben Zelmat

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averkann



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Date d'inscription : 18/01/2005

MessageSujet: Awal d Wuzzal : Ben Zelmat   Lun 18 Oct - 9:38

le Robin des bois... Chaoui
Je reprends ce texte... qui me fait penser à des évènement récents en pays Chaoui: les évènement de Tkout.
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Par Moumouh Icheboudène :

Le sentiment de vengeance va vite se transformer en révolte contre l’administration coloniale, spontanément tous les déserteurs du corps des spahis, vont prendre le maquis et se mettre sous les ordres de Messaoud Ben Zelmat, parmi eux son jeune frère M’hamed, certains quittèrent leur garnison, emportant avec eux armes et munitions. Organisés et armés, ces insoumis se répandent dans les montagnes. Colons, bachaghs, caïds et amis de la France feront successivement connaissance de Ben Zelmat.

Pour l’état civil, il fut enregistré présumé en 1894 au douar Zellatou (T’Kout), des Aurès. Berger, fils d’Ahmed Ben Zelmat et d’Aïcha Bent Zeroual. Messaoud Ben Zelmat eut d’autres frères, l’aîné Ali et le cadet M’hamed. Tous analphabètes et pauvres, comme des millions d’autres Algériens, leur enfance passe en gardant les troupeaux de chèvres. Pâtres de père en fils, comme le reste de la population à l’époque coloniale.
Ali, le frère aîné, condamné à une année de prison ferme par le tribunal de Batna, injustement, jugé par défaut puis emprisonné, il s’évade et va grossir les rangs des insoumis, avec lesquels il écume les Aurès.
Durant l’année 1916, une opération militaire aboutit à l’arrestation d’une partie des révoltés. Quelques jours plus tard, Ali fut retrouvé mort, mystérieusement abattu, c’est alors que Messaoud prit le commandement du reste de la bande d’insoumis et jura de venger son frère. Le paysan devient hors-la-loi, il prend le maquis et se fait redresseur de torts, donnant aux pauvres ce qu’il prend aux riches. Le sentiment de vengeance va vite se transformer en révolte contre l’administration coloniale, spontanément tous les déserteurs du corps des spahis, vont prendre le maquis et se mettre sous les ordres de Messaoud Ben Zelmat, parmi eux son jeune frère M’hamed, certains quittèrent leur garnison, emportant avec eux armes et munitions. Organisés et armés, ces insoumis se répandent dans les montagnes. Colons, bachaghs, caïds et amis de la France feront successivement connaissance de Ben Zelmat.
Dans la nuit du 14 au 15 octobre 1917, un village français à Foum-Toub fut attaqué, toutes les maisons furent pillées, les hommes de Ben Zelmat occupèrent le village, toute la nuit et ne partiront qu’à l’aube, laissant derrière eux des colons ligotés. Le lendemain une colonne sous le commandement d’un capitaine battit la campagne, Ben Zelmat le défia et alla exécuter un des meurtriers de son frère Ali et déclara : “Quoique je fasse, je serai invaincu.” Elle se répandait, comme une traînée de poudre, la nouvelle. Tous les Chaouis la commentèrent la légende entra au fond des logis, au fond des cœurs, elle gagna les douars miraculeusement accrochés aux flancs des parois verticales, appelées les Guelaa, véritable grenier pompeusement appelées châteaux forts par l’administration coloniale, les Afris, grottes inaccessibles, les Vallées où abondent les palmiers, le nord ou se succèdent les plateaux, territoire des neiges, le Sud ou se dénude la broussaille, l’argile et le schiste, le nom de Ben Zelmat est sur toutes les lèvres. D’autres insoumis vont se révolter à Aïn Leksour, à Seriana, dans les forêts de Belazma, selon le capitaine Petignot, les brigades de gendarmerie de la section de Batna procèdent à près de mille cinq cents perquisitions, près de mille opérations coups de poings, arrêtent près de six cents cinquante insurgés dont cent quatre vingt déserteurs, toutes ces opérations ne permirent pas l’arrestation de Ben Zelmat, il résistera pendant cinq longues années.
Qualifié de bandit, de rebelle, d’insurgé par l’administration coloniale. Ben Zelmat fut incontestablement un justicier et un bandit d’honneur au même titre qu’Ahmed Oumeri, Arezki Lbachir quelques années plus tard en Kabylie.
L’autorité coloniale essaie tous les moyens pour réduire ces bandes : Primes, menaces, indicateurs, patrouilles de goumiers. La population sachant que ces bandes n’en voulaient qu’aux traîtres, admire leur audace et leur impunité, propage et amplifie leurs faits d’armes et leur fournit à l’occasion nourriture, munitions, hospitalité et renseignements.
Aucune trace de Ben Zelmat, les opérations militaires d’envergure abandonnées. Poursuivi, traqué comme tous les insurgés, il n’était pas à l’abri d’une trahison, la lettre qu’écrivait le 15 mars 1921, l’administrateur de la commune de Khenchela au sous-préfet de Batna pour l’informer que Ben Zelmat et son compagnon Salah Ben Ahmed, furent trahis par leurs hôtes, les nommés : Bouziane, M’haceur et Ameziane qui les récurent, leur préparèrent à manger et les exécutèrent durant le repas, cela se passe le 7 mars 1921.
Messaoud Ben Zelmat venait d’avoir vingt sept ans. Il était si célèbre que son contemporain Djarmouni l’évoqua dans une chanson “Adieu les gens de Merouana” dans laquelle il rappela la conscription et le fusil à clou de Ben zelmat. Mais l’honneur fut cette chanson composée de son vivant et dont nous ignorons l’identité de l’auteur.

La mémoire collective peut l’oublier
“...Son cœur est plein de beauté
Ses actes ne sont que des gestes charitables
Il dépouille le riche au cœur trop sec
Pour mourir les mesquins toujours en peine...”.


“L’esprit de résistance des Algériens n’est pas né par génération spontanée le 1er-Novembre 1954. Cette date importante, n’est à beaucoup d’égards pas un commencement absolu. A vrai dire, la résistance n’a jamais cessé, depuis l’apparition des français sur les rives d’Algérie, à l’encontre de l’étranger conquérant et imposant sa loi”.

Source: * La résistance anti coloniale (Albert Menyer)
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