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 EL WATAN

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djemaa



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Date d'inscription : 08/11/2004

MessageSujet: EL WATAN   Mer 22 Fév - 17:06

Petite illustration de la mission civilisatrice coloniale
Suite à des échos d’amis français de bonne foi qui me sont parvenus après mon article « Histoire et Civilisation », voici un exemple des retombées collatérales « positives » mais non voulues par les colonialistes.

Bien que significatif, je ne l’avais pas intégré dans mon article parce que personnel et pour ne pas faire trop long. En 1953-54, à la Fac de médecine et pharmacie d’Alger, sur une cinquantaine de chercheurs environ, nous étions seulement deux Algériens musulmans. Parce qu’aux pratiques féroces de concurrence habituelle dans ce milieu entre les différentes chapelles européennes, s’ajoutaient les exclusives racistes. Si nous avons forcé exceptionnellement le barrage mis aux fonctions de préparateurs de cours et assistants (en plus de quelques-uns qui avaient pu franchir les concours d’externat des Hôpitaux dont la préparation se faisait en cercles très fermés), c’est parce que nous avons bénéficié de l’esprit d’égalité et de justice de quelques profs à contre-courant des pratiques dominantes. Pour moi en bactériologie-épidémiologie, les professeurs Fabiani (chrétien libéral), Benhamou (juif) et Vargues (communiste) ; et pour Slimane Taleb en histologie et anatomie pathologique, les professeurs Montpellier et Laffargue (progressistes libéraux). Cette situation était le reflet d’un tableau d’ensemble. Sur 5000 étudiants environ que comptait l’Université d’Alger dans les années 1950, il y avait seulement autour de 500 étudiants musulmans (dont j’ai présidé en 1950 l’association AEMAN). Or en toute société civilisée et démocratique, nous aurions dû être 50 000 (autrement dit cent fois plus), si l’on se réfère aux proportions des populations « européens/musulmans » dans la démographie algérienne de l’époque. Actuellement et malgré toutes les insuffisances de l’indépendance, les universités algériennes comptent des centaines de milliers d’étudiants, et elles ont fourni quelques milliers de médecins à d’autres pays, y compris aujourd’hui à la France où nombre de ces médecins expatriés sont sous-payés et discriminés par rapport à leurs compétences et au volume de leurs prestations, alors qu’ils contribuent à pallier dans les hopitaux français le mouvement de pénurie croissante en personnel médical qualifié. On dira à juste titre, pourquoi ces médecins n’ont-ils pas trouvé place dans le système de santé algérien ? C’est effectivement un autre problème. Nos défaillances ne justifient pas et n’embellissent pas pour autant les méfaits de l’ère coloniale.

Sadek Hadjeres
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