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 AURES : Révolte de 1916

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keruc

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Nombre de messages : 84
Date d'inscription : 17/10/2004

MessageSujet: AURES : Révolte de 1916   Dim 2 Avr - 19:23

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au format DOC : http://aureschaouia.free.fr/telecharg/aures-insurrection-1916.doc

au format PDF :http://aureschaouia.free.fr/telecharg/aures-insurrection-1916.pdf
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(51) Dont voici le texte traduit du chaouia : «Le 7 Septembre 1919,
«A la Seigneurie de Mr Paul, commerçant à Batna «Que le salut soit sur vous et sur les membres de votre famille, (ensuite) «Nous avons appris que désireriez le terrain (Azla) des Pères Blancs à Médina, il est de coutume dans toutes nos tribus que celui qui se permet d’acquérir ce terrain ne le ferait qu’au prix de sa mort, Or, aujourd’hui, nous vous prions de renoncer l’acquisition de la dite Azla.
«Dans le cas où vous ne voudriez pas vous soumettre à notre demande, nous vous faisons savoir que nous procédons comme suit : Dès le jour de votre entrée en possession de la dite Azla à Médina, vous nous ferez parvenir dix mille francs environ par l’intermédiaire d’une personne que nous vous enverrons. Vous nous paierez cette somme au commencement de l’année (chaque année), «si vous apportez du retard ou si vous faites traîner en longueur le paiement de cette somme, nous ne négligerons rien pour vous faire sortir de la ferme, vous, toute votre famille et tous vos serviteurs.
«Tel est le conseil que nous vous donnons. Suivez-le. Prenez garde que quelqu’un de vous trahisse. Prenez garde d’acheter le terrain en question, car nous avons des intérêts innombrables avec les Pères Blancs.
«salutation de la part des insurgés et insoumis à l’autorité française. Suivent les noms : Elmessaoud ben Zelmat, Si Ahmed Elmekami, Belkacem ben ‘Aljia, Salah ben Boumesrane et tous ceux qui sont tombés d’accord au sujet de la présente affaire (suit le dessin d’une balle dans laquelle ont lit cartouche Boucetta calibre9)». Pétignot, op. cit, auquel nous empruntons cette lettre, affirme avoir relevé du compte rendu administratif des renseignements en compagnie de cette traduction selon lesquels «le lendemain de la mise à la poste de cette lettre, un indigène voilé s’est présenté chez les Pères Blancs à Médina et en l’absence du supérieur, fit la déclaration suivante au Père qui était occupé à panser les indigènes : «Préviens le Mercanti qui veut acheter la propriété que s’il n’abandonne son projet, il mourra 15 jours après son arrivée ici. D’ailleurs, a-t-il ajouté, nous l’avons prévenu par lettre hier. A ce moment là, il entrouvrait son burnous et laisser voir ses cartouchières remplis de cartouches de guerre».
(51) Même les Caïds ne furent pas épargnés de même que les «Marabouts» qui pourtant lors de l’insurrection avaient prêché la soumission. De 1917 à 1921, les uns et les autres furent en réalité pris entre deux feux : les menaces d’être révoqués ou de voir leurs zaouïas fermées, d’un coté de l’autre, la terreur que leur inspiraient les visites nocturnes des révoltés. Quant aux familles des «bandits», elles furent rassemblées au Nord de l’Aurès pour être employées à des travaux d’utilité publique. Dans les tribus dont dépendaient les «chefs de bandes», les troupes, notamment les sénégalais, y étaient déployées pour les terrifier en même temps que les alourdir de charges qu’ils devaient fournir aux divers détachements. Les habitants de Zellatou d’où Messaoud ben Zelmat était originaire durent énormément en souffrir : «Ces troupes, écrivaient-ils le 30 Septembre 1920 au gouverneur général sont une charge pour les habitants et nécessitent des dépenses journalières : 12 quintaux d’orge, 15 quintaux de paille, 50 ovins, 5 poules, 5 Kgs de beurre, 2 quintaux de farine de blé, 18 quintaux de bois, 2 vaches, 50 bœufs, 3 Kg de miel, légumes, fruits, bougies, 50 mulets auxquels leurs propriétaires sont également attachés ont été mis à la disposition de la garnison d’office. L’attitude de la troupe est parfois arrogante et pleine de vexation... «Les Ouled Yahia de la vallée des Ouled ‘Abdi où un détachement de sénégalais était installé depuis Décembre 1918 écrivirent de leur côté au préfet de Constantine : «Les troupes qui ont ravagés nos récoltes nous empêchent de travailler librement et effraient nos femmes et nos enfants ... C’est pourquoi, Monsieur le préfet, nous vous prions de vouloir bien donner des instructions pour que nous ne soyons pas traités de la manière ci-dessus, ou bien nous emmener sur le terrain et nous fusiller avec nos femmes et nos enfants». Annexe n°49.
(52) Cf. Pétignot : Banditisme au pays Chaouia - op. cit. A.O.M. 8X221 et 4X6.
(53) Preuve ce passage tiré de Pétignot., op. cit. «L’administrateur de l’Aurès chercha même à faire appel aux bons sentiments de ses sujets : le jour de la fête du Marabout Si Yahia, le plus vénéré entre les saints, il ne craignit pas de se rendre au milieu des fidèles, il les invita à demander au saint tout-puissant la destruction des bandits fratricides ; pas une voix ne s’éleva».
(54) Sur sa fiche individuelle de renseignements, on lit : «Agé de 52 ans en 1915. D’une famille des fellahs, possède une fortune mobilière de 5.000 F. Son influence est locale, ne s’étend pas au-delà de Briket, de Tilatou. Entretien des relations correctes avec les autorités françaises et auxquelles il aime à rendre visite dans certaines occasions». C’est dire à quel point certains «Marabouts» étaient disposés à fendre service à l’autorité. Annexe n° 47.
(55) Résidants dans les parties de la région où la révolte avait été plus ouverte, comme à Barika (14 Mokaddems), Ain Touta (16) et Bellezma (36 à 40 Mokaddems).
(56)A.O.M. 8X221: Feuilles signalétiques relatives aux Mokaddems et aux adjoints indigènes.
(57) Dans le même douar à cette époque il y avait le Mokaddem Megaâche Mebarek ben Mabrouk, issu d’une famille maraboutique et dont l’influence était plus grande. Voir les listes des Mokaddems dans là commune mixte d’Ain Touta in A.O.M. 8X221.
(58) C’est ce que le témoignage d’un membre de la zaouia de Tolga mis en annexe confirme. D’après d’autres témoignages le Cheikh Belloudini «était dévoué à la France, mais est allé deux fois à la Mecque et s’est arrêté à son retour à Constantinople. Toutes ses idées françaises ont été modifiées». Voir A.O.M. 8X221.
(59) On rapporte que Si Driss Belaid de la zaouia d’Oulmouleche au douar Merouana fat l’un des promoteurs de la rébellion en Novembre et Décembre 1916, tandis que Maâche Ammar ben AU du même douar mourut au pénitencier de Tadmit où il avait été interné à la suite de la révolte de 1916. Voir A.O.M. 8X222 : Notes sur les confréries religieuses.
(60) A.O.M. 8X221 : Renseignements généraux sur les personnages religieux.
(61) Nous avons pu en compter sept au total (trois dans le Bellezma dont un avait été emprisonné et trois à Ain Touta). Il s’agissait de Louchène ben Mohamed du douar Briket, Bouhantallah Mohamed ben Ahmed du douar Ouled Aouf et de Benyoucef Ismail ben Hamou du douar Tilatou ; enfin, le septième dans la commune mixte de Barika qui était le Caïd du douar Seggana. Voir annexe n°46.
(62) Elmoudjahid du 3/8/1974, op. cit.
(63) En collaboration avec Coppollani : Les confréries religieuses musulmanes publié en 1877 puis en 1898.
(64) - Les troubles insurrectionnels du Sud constantinois dans L’Algérie Algérienne - op. cit. Traduit en arabe, ce même article a été publié dans El Açala.
(65) A.O.M. 8X221 : Renseignements sur les causes de l’insurrection. Les interrogés donnèrent une variété d’explications dont voici quelques unes : «La conscription est la cause principale du mouvement - Les Cheikhs pour la plupart se sont livrés à un fourbi formidable qui a mécontenté les indigènes - Les administrateurs ont été trompés par les Cheikhs - Les indigènes sont peut être travaillés par des émissaires étrangers - on dit que cet hiver les Snoussi menés par des officiers turcs, allemands et autrichiens professent le soulèvement de la Tunisie, de notre frontière saharienne d’où le mouvement s’étendait - En Algérie, ce qui se passe actuellement ne serait que les prodromes...».
(66) Outre Mme Lutaud et le prince d’Annam, le gouverneur général accompagné du député Cuttoli, du général Lartigue, commandant la division de Constantine que Lutaud avait qualifié en cette occasion de Christophe Colomb pour sa Monographie de l’Aurès, d’André Théaux, directeur de la sécurité, de C. Rouzaud, sous-directeur des chemins de fer algériens de l’Etat, de Morris, sous préfet de Batna , de l’administrateur d’Ain Touta : Caré, de l’administrateur de la commune mixte de l’Aurès : Masselot. Plusieurs Caïds y étaient également présents citons parmi eux : Si Ahmed Bey Benchennouf, Djebaili Abdelkader, Cheikh de Bouzina qui, dans la nuit de l’attaque d’Ain Touta où il était de passage pour la perception de l’impôt, aurait prit ouvertement parti de la France. D’après certaines sources, «il s’était joint aux zouaves et répétait sans cesse vive la France». Voir Pétignot : Banditisme au pays chaouia - Op. cit. Gouvernement général de l’Algérie : Circuit de l’Aurès.
(67) Qui furent ceux de Menaâ, Djemora, Arris, Ghouffi et Mchouneche.
(68) Gouvernement général de l’Algérie, Direction de l’agriculture : Op. cit. Le reste du discours que nous reproduisons ci-après donne à penser que Lutaud cherchait à donner à l’insurrection de 1916 une explication ethnique et dire tout l’intérêt que a France pouvait tirer en mettant à profit cet élément nouveau qui permettait la division et du coups entraver ou retarder du moins le processus patriotique de l’Aurès en cours : «Qu’est-ce que ce peuple de l’Aurès qui entoure aujourd’hui ? Les Arabes le nomment, avec quelque dédain les Chaouia et déjà à ce trait nous savons qu’il n’est pas arabe. C’est une partie du vieux peuple berbère, de la race autochtone. Sans lui attribuer plus particulièrement un des noms que la science attribue aux divers habitants de l’Afrique du Nord, nous savons qu’il est le plus ancien possesseur de la terre et que cette possession, il s’en est toujours rendu digne en aimant la terre et en la fécondant ... Ces Berbères et leurs frères Kabyles, nous savons donc qu’ils aiment la terre ainsi que nos paysans avec qui ils ont une si curieuse ressemblance physique et morale, étant comme eux jardiniers et démocrates... L’invasion arabe qui chez nous fut repoussée avait vaincu en cette Berbérie les habitants, nos probables parents et nous ne soucions pas de réparer l’antique injustice ... Les premiers Français de la conquête avaient été éblouis par l’Arabe aux belles draperies, aux mains fines, par la poésie incontestable qui se dégage d’une race élégante, religieuse, courtoise. Ils n’avaient pas vu derrière les combats chevaleresques et les fantasias bruyantes, le peuple aux mains colleuses, les sédentaires travailleurs qui continuaient à fertiliser la terre comme ils le faisaient depuis des siècles malgré les invasions qui se succédaient autour d’eux ... Les cultivateurs de l’antique Berbérie nous voulons les connaître mieux et qu’ils nous connaissent mieux... N’y a-t-il pas là une idée de justice digne de séduire la France ?». L’enquête sur La répartition de la langue berbère que le gouverneur général fit faire sous la direction du Professeur Gautier.


FIN
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aglid



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Date d'inscription : 06/11/2007

MessageSujet: notre histoire   Sam 26 Déc - 18:43

Azul faythma mani lann.
Chers frères il est grand temps de se pencher sur notre histoire, notamment l'histoire contemoraine. Parlons de notre passé, des hommes qui ont fait cette histoire si glorieuse.
Des hommes tels que le grand Messaoud Ug zelmadh et Amor u mussa qui ont marqué le révolte de 1916. Profitons de nos grands-pères qui ont vécu cette époque pour connaitre cette expérience aux yeux des gens qui l'ont connue.
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