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 Poémes Mohamed Nadhir SEBAÂ

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zalatoo
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MessageSujet: Poémes Mohamed Nadhir SEBA   Mer 17 Jan - 12:43

L’Arme et l’enfant

Dans un " Ghouane " cloaque où rien ne luit
Sous une guérite grise
L’enfant-gemme montait la garde
Sous une guérite grise
L’enfant gris portait une arme
Froide compagne d’une longue nuit
Trop lourde pour être un jeu
Trop simple pour être un drame
Pour les cymbales bleues de son âme
L’enfant était aux cieux
Qu’importe les Goy, Rayia, mortad dans les flammes
Dans sa ruche chantait l’amour
Sous une guérite-tour
L’enfant portait une arme
Quand l’Arme serrait l’enfant
Dans un Ghouane cloaque noir comme un puits
D’un œil tombait une larme


Testis unus

Testis unus
Seul et triste
L’innocence égorgée
Au seuil d’une mosquée
Par le mal sinistré

Testis unus
Croissant lunaire
Luciole et sextant
Phagocyté par
Les perfides cumulo-nimbus.
Occidere lux !

Testis unus
La mort de l’artiste
Seul quelque part
Dans la géhenne d’un tourbillon
D’un monde pin
Sans raisons.

Testis unus
La mort de l’Amour
Sans haine ni raison
Fataal nycthénère
Dans les grises tours
Tombes du genre humain.
Testis unus
L’adorateur des chimères


“ Achenay Nwedhrar*1”
Le chant des montagnes


Ami Mdoukal*2,
Connais-tu le bruit des vents cornant l’Afsuth*3
Des chênes, oliviers, cèdres et pins réunis
D’Aurès, d’Amour et de Kabylie ? *4
Exsudé par leurs houppiers rebelles
Aux mille “ lucioles-pépiements ”

Ami Mdoukal,
Sens-tu sur ta peau ces agréables frémissements ?
Coulant des folles éblouissantes ramescences bleues
Du zinba, Thilouguith, Thafoufth, Thaqua*5
Aux douces senteurs d’armoise verte.

Ami Mdoukal,
Ecoute donc le chant des montagnes
Descendant de l’histoire

Ami Mdoukal,
Perçois-tu des silences-symboles
L’agreste symphonie
Qu’égrènent aux quatre brises
Les cascades d’eaux vives
Messagères infatigables du temps.






… / …


1 – Achenay nwedhrar - Le chant des montagnes (titre en berbère)
2 – Mdoukal - Ami
3 – Afsuth - Printemps
4– Aurès, Amour et Kabylie : trois chaînes montagneuses de l’Algérie
5 - zinba, Thilouguith, Thafoufth, Thaqua - Plantes



Ami Mdoukal
Admire sur les sombres cimes altières du Taguechiri
Des Tirchiouine, Rfaaâ, Taxlent, Mestaoua
Sur les anfractuosités profondes
Aux échos enchanteurs
La belle tombée des nuits “ guith* ”
Aux ensorcelantes onomatopées.

Ami Mdoukal,
Chantons ensmble
L’hymne des montagnes
Descendant de l’Histoire.

Chantons Tsouta et Ayal*
Hiziya, Khéïra et Thasekourth*
Chantons Khoukha, la main artiste
Zikün, Kacem, la main guerrière
Chantons la belle aux mille diaprures

Ami Mdoukal,
Chantons ensemble sur Mourth Nwedhrar*
Sur therwent Izem* d’où zèbrent les éclairs.

“ Achenay Nwedhrar ” : testament des poètes libres, semblable au soufflet ravivant la flamme morbonde, chant des colporteurs des libertés, vient éclairer la nuit des douars assombris de sécheresses multiples, mais où la pureté de l’amour chez l’auressienne, le courage et la générosité dans les actes des hommes sont par cet ancestral besoin d’Eve.

Lexique
Taguechiri -
Tirchiouine, Rfaaâ, Taxlent, Mestaoua -
Guith – Nuit (en berbère)
Hiziya, Khéïra, Thasekourthet Khoukha : prénoms de femmes berbères et arabes
Mourth Nwedhrar – Terre des montagnes
Therwent Izem – les fils des lions



Hommage à Fadma Tazouguerth*1

Hommage à vous, Fadma Tazouguerth.
Hommage à vous, Maîtresse de la fécondité.
Hommage à vous, Reine des cieux et des terres.
Nous avons travaillé pour vous l’azref*2
Pour mieux parer vos oreilles d’argent,
Le seul minerai divin porteur d’éclat.

Hommage à vous Fadma Tazouguerth

Nous avons complété vos trésors en choses merveilleuses,
Rempli vos resserres d’orges, d’huile, d’olives, de miel et de blé.
Dans nos cœurs, avons gavé votre nom magique pour l’éternité.


Fadma Tazouguerth : Fadma la Rousse
Azref : l’argent ( métal noble pour les berbères)
Complainte de la martyre

Pardon amies
Pardon, Anne, Rose et Marie.
Je suis orpheline sur ma propre terre.
L’air que je respire sent le vin et le sang.
Partout, il y a des cris, des chaînes et des fers.
Soumises, je ne puis demeurer plus longtemps.


Pardon, amies d’enfance.
Pardon Yvette, pardon Florence.
Mon âme meurtrie par “ mes autres souffrances ”
Me dictent et m’imposent de choisir mon camp.
Pardon, amies, pardon mes sœurs.
Toutes, vous êtes dans mon cœur
Mais mon pays c’est mon drame
Car mon pays c’est mon âme.

Montage poétique

Vision onirique

Tourbillons.
Vertiges.
Blessures et meurtrissures.
Je me retrouve
En quête
De libérateurs
“ libérés ”
D’eux-mêmes,
Des goules,
De ceux qui ont
Construit,
Bâti
Les hécatombes
En détruisant
L’Espoir-Amour ?
La Pix-Identité.

Tourbillons.
Vertiges.
Blessures et meurtrissures
Provoquent, défient
Mes insomnies exsangues.
Avides de dignité.
Suprême réconciliation…

Cri,
Mon cri
Parviendra-t-il
A tes perceptions inhibées
Par l’opportunisme barbare
Des maîtres conquérants
Prônant
Le “ z*1” salvatour,
Le “ Dhad*2 ” spirituel
Le “ Ramz*3 ” de l a Thaoura

Je recherche
L’âme maternelle
Entre deux pères inconnus –
Pour insuffler en moi
Le rappel héroïque
Du combat,
De la résistance
Dans mon “ être-patrie ”.

Vision onirique.
Creuset des âmes lâches.
A quand le sursaut
Salvateur ?



Z : Symbole berbère
Dhad : Symbole la langue arabe
Ramz : Symbole révolutionnaire
Thaoura : révolution


L’Historique copulation

Taisez-vous tourterelles, colombes !
Taisez vos chants et ceux des montagnes.
Fadma Tazoughert se baigne
Dans les eaux amoureuses de son corps,
Dans les eaux de la fontaine
De kassrou*1 et Bouilef*2
Aux odeurs bucoliques.
Ses cheveux roux lui font burnous.
Et sa peau blanche, parfumée d’armoise,
Verse de ses porcs un lait magique.
Et l’eau troublée, chante l’amour.

Taisez-vous tourterelles, colombes,
Chênes, oliviers, cèdres et pins
Les cascades des eaux vives se figent
Dans une expiation-extase
Tazoughert reine des Aurès
L’Aphrodite, l’autre déesse
Se baigne dans le lit envoûté du Tifouress*3,
Dans un insolite copsage liquide
Faiseur de l’historique copulation





3 – Tifouress : rivières des Aurès










Complainte du tirailleur

JE SUIS L’ORPHELIN

Je suis l’orphelin, natch dhagougil*1
Le damné. Natch thiwara*2
Condamné par l’errance
Condamné à l’errance.
Passent, passent les années.

J’ai servi, servi,
Deux grands pays.
Au tableau de France,
J’ai inscrit mes souffrances,
Mes humiliations et mes désespérances.
Moi, l’indigène chaoui*3,

J’ai servi, j’ai servi
Dans les sombres tranchées,
Tombes nauséabondes
Et les rondes et les rondes
D’où l’on ne revient pas.

J’ai servi cette France.
Sans calcul ni faiblesse.
Sans calcul supplétif
Venant d’un rif perdu,
J’ai servi cette France
Sans aucune défaillance.

Souvent j’ai pleuré
De voir partir en lambeaux
Visages poilus et visages beaux.
Avec pour couverture
Le silence.



J’ai rêvé de ma belle.
Au loin sans secours.
Ma berbère rebelle.
Dans les monts d’Ichendgour*4.
J’ai servi mourth inough*5

J’ai servi l’Algérie
A qui j’ai offert
Mon âme et ma vie.
Je suis le damné.
Je suis l’orphelin.

Natch thiwara*6
Natch dhagougil*7
Errant sans repères.
Ni amour.

J’ai chanté l’amourthiw*8
Du haut de ma bouche en feu.
Mes phrases défaites
D’un homme sans gloire.

Nous sommes des gens d’art :
Ô Berbères, Arabes, Turcs, Chrétiens-juifs.
Parfois des gens d’armes.
Je reste l’autre Algérien
Jusqu’au fond de mon âme.


Féminiscence
Ou
Ahan des nuits chaudes


A vous déesses
Flammes concupiscentes
Faiseuses d’érotisme
Dans mon rose onirisme.

A vous Déesse fine
Gavée d’égoïsme
Les lignes bleutées
Dans la pénombre du désir.

Déesse vespérale
Libère ton âme
Des relents incestueux
Qui la lient
Qui l’emprisonnent.

Viens à moi Aphrodite,
Réapprendre la volupté
L’amour ouaté
Divin catharsis.

Ma déesse, triomphe au féminin,
Sois mon Eve
Dans mes rêves
Belle et nue
Libertine ingénue.

Farouche Amazone
Insoumise, inexplorée
Dansons l’amour
Lions nos corps.





… / …

Préliminaires du prospecteur :
Baisers suavement appuyés
Suçons des lèvres sangsues
Fureteuses et goulues
Chantent en silence
L’abouchement
Deux lèvres corallines.

Effleurement Acmé
Sur ta chair enfin violée
Mes doigts “ Tégénaires ”
Tissent les frissons.

Temps suspendu…
Vertige partition
D’êtres-harmonie
Sublime, décor
Musicalité d’Eros.
Epanchement de plaisir
Formes enfouies
Dans l’extase geste
Entrelacements
Ashtart qui “ reptilise ”
Langoureusement
Autour du tronc-mâle
Omnia Vincit Amor !

Ruissellement insolite :
Sueur, sang, stuc
Salive et sperma,
Echange du péché
Allitérations de l’amour
suspendues aux “ esse ”
Irriguant nos cœurs
Meurtris d’abstinence ;
Signerait ma chute
Dans toutes tes échancrures !







Acte deux :
Prés de moi je te veux
En toi Thaïs je me glisse
Insatiable amoureux.

Mes mains “ fièvre ”
“ Éléctricisées ” - portent
Mille messages-décharges
Sur ta peau satinée.
Zébrures enchanteresses
Empreintes-symbole.

Nouvelle étreinte,
Estocade renouvelée.
L’ahan-onomatopée
Berce “ l’eutectique ”
De résonnance diaprée.

Odeur. “ féminiscence ”
Odeur couleur de chair
Pénètre mes sens.
Béni aphrodisiaque
Exhalant musc et encens.

Je suce ton “ essence-sève ”
Ton suc enivrant
Qui suinte des “ tiges-tétons ”
De tes “ fruits ” mûrs
Seins ventouses-frémissant
Sous la touche rosiériste

Acte trois

Je me noie :
Dans l’espace luxure
De la Nymphe Calypso, ma nasse et Râ
Aux passions rétrospectives figées.

Je m’enfonce - Mye –
POur unique couverture
Ta sombre chevelure sablée
Couvrant cou blanc
Courbures et rondeurs blanches
Anfractuosités assoiffées.

Je m’enfonce
Phalle impudique
Conquérir ta pezize
Mielleuse échancrure
Volcanisée.
Mont-Vénus
Trianglee velu des absurdes
Et lubricité
Ancêtre hédoniste.
Je me noie.

Acte final :

Ma douce bacchante
Ma vierge de cephée
Talentueuse maîtresse
Au “ gémir ” hennissement.
Toi l’autre bayadère
Aux éminences - trappe –
Qui sait donner sans tout dire.

Couvrons l’arbre de nos amours
De l’Houppier chaud épicurien.
L’amour est un doux guide
Dans ce monde fait de vide
Qui nous frustre, qui nous ride.

A vous Déesses –
Flammes concupiscentes
Faiseuses d’érotisme –
Cette “ céladonne ” révérence.




Mohamed Nadhir SEBAÂ
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