Mais oui nos souvenirs d'enfance nous hantent...mais ils sont différents que l'on soit citadin ou campagnard
le mot "al âoula" en arabe signifie "réserves de nourriture" et c'est la cas mais pratiqué selon les moyens de la famille et les productions locales.
Dans les Aurès, aussi loin que remonte ma mémoire, les femmes à la fin de l'été et début d'automne organisaient la thouiza pour préparer les réserves d'hiver. A plusieurs, en cadence avec leurs chants ou la radio, elles roulaient, cuisaient et sécher les couscous, les pâtes, les fruits et légumes locaux, en ville les citadines préparaient les conserves, coulis de tomates, les confitures et les gâteaux de miel... Hélas? mille fois hélas touT, ce patrimoine s'est évaporé, pour plusieurs raisons...
En ville, c'étaient les voisines dans les grandes maisons qui s'entraidaient ou on embauchait des vielles femmes encore valides ce qui leur permettait de gagner un peu d'argent de poche.
D'ailleurs, la thouiza était pratiquée, aussi, lors du tissage des tapis et autres objets en laine, lorsqu'une femme était malade ou accouchait. Dans les Aurès, même les hommes la pratiquaient pour les travaux des champs ou des bêtes...
C'est parce que cette entraide est morte que nos mémoires se sont appauvries : plus de couleurs, plus de chaleur, plus d'odeurs, rien, les sens sont en berne! ! !